Page 16 - FICD - BULLETIN D'INFORMATION N°42
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PANIER D’AMOUR AUTONOMISE
SON APPROVISIONNEMENT EN MAÏS
ET EN ARACHIDES
BRUCE RENNES, CHARGÉ DE PROJETS ● FICD
L’ASSOCIATION KITUNGA LUTONDO - PANIER D’AMOUR - EST ACTIVE À IDIOFA, UN TERRITOIRE D’UN MILLION
ET DEMI D’HABITANTS, SITUÉ À 861 KM DE LA CAPITALE DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO,
KINSHASA. DEPUIS SES DÉBUTS, L’ASSOCIATION SOUTIENT SES BÉNÉFICIAIRES, NOTAMMENT GRÂCE À DES
PANIERS ALIMENTAIRES. SOUCIEUSES D’EN PÉRENNISER LE CONTENU, MPAMPIDI KAZADI ET RUTH KONRAD,
RESPONSABLES DE L’ASSOCIATION, ONT CONÇU UN PROJET D’AGRICULTURE DIMENSIONNÉ AUX CAPACITÉS
FINANCIÈRES DE LEUR ORGANISATION, CE QUI N’ÉTAIT PAS ÉVIDENT AU DÉPART.
L es deux amies le clament en pas prendre de risque : « Nous n’étions local de chercher des terres arables. Des
chœur : « Un gros projet, ce n’est
terrains ont été trouvés dans un village au
pas certaines que la population adhère à
pas pour nous ! ». Il y a deux ans,
région forestière facile à cultiver, loin
elles envisageaient de demander un ce projet de culture. » nom plutôt cocasse : « Laba ». C’est une
soutien financier à la Fédération inter- Toutefois, bien déterminées à rem- des contraintes de la brousse d’Idiofa,
jurassienne de coopération et de déve- plir leur panier et à ne plus dépendre des située à 50 kilomètres de là. Ainsi, avec
loppement afin de concevoir un projet approvisionnements trop irréguliers du 2’000 frs, les deux femmes ont loué 2
d’agriculture d’envergure. « Le projet a marché d’Idiofa, elles se remettent autour hectares de terrain, investi dans du maté-
été ficelé avec l’aide d’un expert belge de de la table. Partant du principe que, lors- riel et emploient, depuis le mois de mai,
notre connaissance. Nous avions même qu’elle était petite, « les habitants savaient 40 personnes pour le défrichage, l’ense-
commencé à remplir les formulaires de déjà cultiver de nombreuses plantes », mencement du maïs et des arachides, et
la FICD », explique Ruth Konrad. Finale- Mpampidi a demandé à leur partenaire le sarclage. Dans une zone à fort taux de
ment, peu convaincues par la dimension
du projet proposé par le spécialiste, no-
tamment en raison du budget, « nous
aurions dû trouver la moitié du budget,
soit 12’000 frs et des frais inhérents aux
rémunérations des formateurs », les deux
femmes renoncent. En outre, le projet
était axé sur la culture du Moringa, «
Un aliment bien trop cher. Nos bénéfi-
ciaires ont des estomacs à remplir. De
plus, c‘est une culture que nous aurions
imposée », détaille Mpampidi Kazadi. En
effet, le Moringa est un arbre originaire
d’Inde et ses fruits sont réputés pour être
d’excellents compléments alimentaires à
haute valeur nutritionnelle. S’il est déjà
bien implanté dans certaines régions du
Congo, Mpampidi et Ruth ne voulaient
Le projet agriculture de Panier d’amour démarre
sous de bons auspices. ©Panier d’amour
[16] En route vers l’Agenda 2030, novembre 2019

