Par Bruce Rennes, Chargé de projets de la FICD – www.ficd.ch.
Au cœur du collège– Depuis le début de l’année scolaire 2013/2014, les différents acteurs du collège Saint-Charles ont reçu la visite d’organisations membres de la Fédération interjurassienne de coopération et de développement. Sept élèves et deux enseignants, Yannick Monney et Dominique Inglada, tirent un premier bilan de cette expérience.

Cliquez sur l’image pour agrandir l’infographie consacrée à la Fête de la Solidarité
C’est le réfectoire des Chanoines du collège qui accueille ces palabres. La discussion prend le pouls du concept Fête de la Solidarité au cœur même de sa première source d’information : les élèves. Au-delà de l’aspect récréatif qui « permet de louper les cours », les adolescents se rejoignent sur l’occasion d’assimiler des notions utiles, « d’avoir appris différemment », résume Richard, 16 ans.
La solidarité en quelques mots
Les nombreuses activités menées en classe se sont révélées très positives. « Ce sont des activités qui nous permettent de voir la réalité en face » explique Sven, 12 ans. Aurore et François, les aînés du groupe (17 ans), ont dorénavant conscience « que les associations ne peuvent pas se débrouiller toutes seules. Elles ont besoin d’aide. Cela passe par la sensibilisation des plus jeunes. »

Ce mot solidarité a une résonance singulière pour Richard originaire de Guinée Conakry. « Je suis allé à l’école en Afrique. Grâce aux photos des actions menées en Suisse, nous étions conscients que l’on pensait à nous. » Cette fraternité, François la ressent « comme une occasion d’entr’apercevoir le travail effectué par les associations de notre région ». Un sentiment général revient : les élèves n’ont pas l’habitude de se documenter sur ces thématiques. Pour Florian (13 ans), la solidarité « est de s’accepter tels que nous sommes et surtout de s’aider malgré nos différences. »
Un avenir associatif ?
Plutôt discrète tout au long de l’entretien, Ophélie (12 ans), dévoile sa curiosité et son intérêt pour « aller voir ce qu’il se passe là-bas. Observer la manière dont les enfants vivent, la façon dont ils vont à l’école. » Eva (15 ans) et Aurore, encore influencées par les conférences, évoquent de possibles voyages bénévoles, en Afrique ou au Nicaragua.
Si les plus jeunes ne se sentent pas encore tous pousser des ailes, les discussions en classe laissent quelques traces à la maison. « Ma maman est active dans des associations. Lui raconter mes activités en classe lui donnait des idées », explique Sven. Ophélie évoque les conversations à la maison « où l’on trouve qu’il est important de sensibiliser les jeunes afin qu’ils prennent conscience de leur chance de vivre ici. »
Des élèves en demande d’informations
Tout concept mérite d’être analysé pour en optimiser l’efficacité. Les élèves se sont montrés conquis par l’organisation, les thématiques traitées, ou encore la visite de la mairesse de la Trinidad (Nicaragua). Ils expriment toutefois quelques petits regrets. Un bémol relaté par Aurore : « le cours de gestion de projet était délicat. Il était difficile de sélectionner un projet [Lire l’article Les Lycéens du collège Saint-Charles évaluent des projets], parmi les trois proposés. Nous manquions d’informations sur la situation générale des pays concernés. Un avis nuancé par François : « les interventions des associations étaient parfaites et nous avons apprécié les responsabilités qui nous étaient confiées. » Ces remarques mettent en exergue le sens de l’analyse des adolescents. Le but du concept Fête de la Solidarité est également d’obtenir des réactions. Un esprit critique attesté par la réplique de Richard qui revient sur les nombreuses visites « de fausses associations » qui font du porte à porte dans son immeuble à Genève, « mais c’est une arnaque ! »

François, le plus enthousiaste des élèves interrogés, juge qu’il aurait été intéressant d’assister à des conférences « communes à des élèves de degrés scolaires différents, de manière à créer une mixité et un échange entre les grands et les plus jeunes. »
La parole aux enseignants
En fin de rencontre, les deux enseignants sont chargés de clore les débats en apportant leur vision de cette expérience Fête de la Solidarité. « Le rôle de l’enseignant est de trouver une cohérence entre les activités de l’association et le plan d’étude à respecter. Cette voie se concrétise notamment grâce aux discussions préalables aux interventions des organisations », explique Yannick Monney.
Dominique Inglada rappelle que tout le monde n’a pas les ressources financières ou la disponibilité nécessaire pour s’engager. « Avec les associations, nous avons voulu faire ressortir les petits gestes du quotidien, utiles à tous, qui permettent d’aider les plus démunis ». L’enseignante de français conclut : « il y aura un avant et un après Fête de la Solidarité. Il est important que les thématiques perdurent, de manière moins conséquente, mais il est nécessaire de continuer à en parler. » Nul doute que cette dernière phrase trouvera un écho particulier dans les activités futures du collège. Pour s’en convaincre, constatons simplement les réactions positives des directeurs d’école passés par la Fête de la Solidarité [Lire l’article ci-dessous Une empreinte durable dans les écoles].