Une empreinte durable dans les écoles

Par Bruce Rennes, chargé de projets FICD – www.ficd.ch

André Comte (AC) et Jacques Widmer (JW), respectivement directeurs de l’école secondaire de la Haute-Sorne (Bassecourt) et de l’école secondaire de Courrendlin, reviennent sur leur expérience passée de coorganisateurs de la Fête de la Solidarité. En 2007 pour le premier, en 2010 pour le second.

Quels souvenirs restent-ils de la Fête de la Solidarité organisée dans votre établissement ?

AC : Anciens élèves, enseignants et parents d’élèves évoquent encore cette manifestation. Cette grande fête a marqué les esprits. On se souvient de la grande tente sahraouie, des découvertes culinaires du monde, de la décoration africaine des salles de classe, des concerts et des animations. C’était une tâche énorme pour les groupes de travail, mais notre rôle était très enrichissant.

JW : La venue de visiteurs externes à l’école est un point fort du processus. En me remémorant la journée de la fête elle-même, outre le temps exécrable, je me souviens d’une forte mobilisation pour mettre en valeur l’école et la venue de personnalités telles que Martin Dahinden, directeur de la DDC ou du Ministre jurassien Charles Juillard.

Y a-t-il encore des influences sur le fonctionnement de l’école ?

AC : Dans la continuité de la fête, sous l’impulsion d’un enseignant qui n’était pas là en 2007, nous avons institué une semaine de la différence. Selon les années, elle traite aussi bien du handicap que du racisme. Nous collaborons étroitement avec des associations telles qu’Amnesty International. Nous utilisons régulièrement les activités proposées par le coffret « éducation à la citoyenneté solidaire1 ».

JW : Grâce à la Fête de la Solidarité, nous avons collaboré étroitement avec l’Association jurassienne d’accueil des migrants (AJAM). Cette organisation n’est plus seulement un établissement situé au bout du village. C’est un partenaire, avec lequel nous avons désormais un vécu commun.

Cette influence se ressent-elle également sur vous-même ou sur vos collaborateurs ?

AC : Oui, par un nouveau regard sur le monde qui nous entoure. Nous avons davantage de facilité pour inviter des intervenants extérieurs dans nos classes. [M. Cyril Jeanbourquin, enseignant à la Haute-Sorne, intervient] : On parle souvent d’interdisciplinarité et de collaboration. Avec cette fête, nous n’avons jamais eu autant d’activités à partager, aussi bien entre enseignants, qu’avec les élèves.

JW : Personnellement, cette aventure m’a permis de prendre du recul. Par exemple, de mieux cerner les problèmes des familles migrantes. Je suis plus sensible à la bonne intégration des élèves étrangers. Nous avons le cas d’une enseignante qui a joint ses paroles aux actes en prenant des responsabilités dans une association.