Au terme de 15 années d’existence, l’ONG CormoAtlas, sise à Cormoret, a « tiré la prise », non sans avoir mené, avec réussite, un projet d’envergure en ouvrant un internat à Bouchbel, dans le Moyen-Atlas au Maroc. L’infrastructure héberge aujourd’hui 240 élèves et facilite leur scolarisation et leur éducation. Le projet, lui, est désormais autonome.
Dans son allocution, à l’occasion de l’Assemblée générale marquant la dissolution de l’association le 29 novembre dernier, le président Abdel Zalagh a souligné « Combien les mots lui manquaient. » En effet, comment résumer, dans un discours, 15 ans d’une histoire ponctuée de solidarité et de succès à l’occasion des différentes opérations de récolte de fonds. Ces dernières ont permis de trouver les 170’000 francs nécessaires à la construction d’un internat à Bouchbel, au Maroc. Une manne doublée par la Fédération interjurassienne de coopération et de développement grâce à des contributions du canton de Berne et de la Direction du développement et de la coopération (DDC).
CormoAtlas a débuté ses activités en 2009. Au départ, il s’agissait d’un soutien simple, par l’envoi de matériel scolaire. Par la suite, un projet plus ambitieux s’est invité à la table des membres du comité de l’association. En effet, la scolarisation des élèves habitant près de Bouchbel était compliquée. En cause, l’éloignement des lieux d’habitation qui ne facilitait pas l’accès à l’école primaire du hameau. Et ça, c’était sans compter les dangers du trajet, plus particulièrement l’hiver avec le risque de crue des rivières.
La première partie de la construction de l’internat de Bouchbel, inaugurée en 2015, a permis d’accueillir 132 élèves dès la première année. Grâce à la seconde partie de la construction, qui s’est achevée en 2024, ce sont maintenant 240 filles et garçons qui bénéficient d’une place à l’internat. Au moment de clôturer ce long processus, il fut difficile de « tirer les vers du nez » d’un Abdel Zalagh, toujours aussi modeste lorsqu’il s’agit de revenir sur cette expérience. A peine concède-t-il « Un sentiment de fierté et de soulagement. De quelques crayons et pupitres envoyés, nous sommes passés à un projet d’envergure… ».
Avec le deuxième employeur de la région
Ce succès prend corps au Maroc, grâce à l’Association Tighza Atlas pour le Développement (ATAD), le partenaire de CormoAtlas. C’est notamment sous l’impulsion de son président, Mohamed Ait Khouya, soutenu par ses collaboratrices et collaborateurs, que le projet a vu le jour. « J’ai appris d’eux cette manière acharnée de mener plusieurs projets en même temps. Ils ont construit un bâtiment érigé en exemple dans tout le Maroc », confie Abdel. Aussi, il faut souligner la réputation de sérieux de cette association qui lui a permis de devenir le deuxième employeur de la région, avec environ 200 collaboratrices et collaborateurs à son service. L’ATAD s’est vu confier la gestion de plusieurs projets en lien avec la formation des femmes ou l’intégration des handicapés, par exemple.
Du côté du partenaire, justement, on se réjouit des changements découlant de l’ouverture de l’internat. « C’est un investissement qui soulage la charge des familles pour les coûts associés à l’éducation, tels que la nourriture, le transport ou les fournitures scolaires », détaille Mohamed Ait Khouya. Depuis 2015, le président relève que l’internat de Bouchbel a participé « à améliorer la formation et l’éducation des élèves, leur donnant ainsi accès à de meilleures opportunités professionnelles. » Ces bénéfices sont actuellement effectifs et prouvés. Ils méritent d’être relevés : les enfants formés à l’internat reviennent avec de nouvelles compétences dans l’agriculture, l’artisanat ou la gestion, illustre le président de l’ATAD. « Ils et elles les appliquent ou les partagent dans leurs communautés, contribuant ainsi à leur développement. »
Des catalyseurs du développement
En somme, les anciens et anciennes élèves des différents internats gérés par l’association agissent comme des catalyseurs du développement durable dans le Moyen-Atlas, en combinant leur formation, leur engagement et leur attachement à leur région natale. De son côté, le président de CormoAtlas relève aussi l’impact du projet sur la communauté de Bouchbel : « Tout a changé autour de l’internat. Maintenant, il y a l’eau courante dans le village et la construction d’un collège va débuter en 2025. Les enfants de Bouchbel pourront y poursuivre leur scolarité. »
Au moment de refermer le livre de CormoAtlas, Abdel se remémore des moments forts, mais surtout « toute cette énergie et tout ce monde autour de moi, prêt à s’investir dans une cause commune et juste. » Et l’homme de citer toutes les personnes qui l’ont soutenu, quitte à passer outre l’importance de son rôle, qui fut pourtant essentiel, afin de permettre à des milliers d’enfants du Moyen-Atlas de bénéficier d’une éducation de qualité.
