Par Philippe Beuret, Président d’Handicap Solidaire – www.handicapsolidaire.ch
Depuis sa fondation en 2002, Handicap Solidaire s’engage dans le développement du sport en fauteuil roulant au Burkina. Envois de matériel, formations, et, dès 2005, fabrication locale de handbikes et fauteuils de basket. Au départ, tout se passe à Ouagadougou. Mais par la suite, avec le projet cofinancé par la FICD de 2013 à 2014, deux équipes de basket sont créées dans des petites villes de Province.
Jusque-là, Handicap Solidaire n’a pratiquement aucun soutien ni synergies dans le domaine, en dehors de la DDC et de la FICD, toujours prêtes à s’engager dans le développement par le sport. Les structures locales sont compliquées, voire paralysées par la corruption et le manque de financement.
Finalement, cette année, la situation semble se débloquer enfin, par deux commandes locales de fauteuils pour des équipes de basket. A Garango, une école inclusive est créée et les professeurs sont initiés au basket en fauteuil par Handicap Solidaire Burkina. L’association Kassibaga, soutenue depuis la Suisse, finance le matériel et les formations pour une équipe de basket dans la deuxième ville du pays Bobo Dioulasso. Dans la foulée, Mouv ‘Burkina, association d’étudiants de l’école d’ergothérapie de Lausanne, vient de financer les fauteuils et les formations pour deux nouvelles équipes de basket.
Les personnes handicapées ne peuvent pas se rassembler spontanément pour pratiquer un sport entre elles. Les perspectives de développement du sport handicap en Afrique de l’ouest sont compromises parce que les Fédérations internationales et mondiales des différents sports n’ont pas conscience de leurs responsabilités. Et les autorités, quant à elles, ne touchent le sujet que du bout des doigts, et au mieux, jusqu’ici, en lançant des encouragements…
Mais les dures réalités et le manque d’ouverture sont balayés par l’enthousiasme et la motivation des personnes qui se passionnent pour le sport, et le pratiquent assidument, malgré le manque de reconnaissance et de compétitions.
Un moyen de déplacement léger, qui combine le fauteuil roulant et une partie vélo démontable, offre un avant-goût du sport et la possibilité, à tous les usagers, de s’y initier et de pratiquer un sport de masse, sans disposer, en plus, de matériel spécialisé. En faisant la promotion de ce modèle et en commençant à le diffuser dans les Provinces du Burkina, Handicap Solidaire et Velafrica veulent donner ce signal de la mobilité et du sport au service de l’intégration.
Tous les espoirs sont possibles avec des autorités à venir, plus soucieuses de justice sociale, de développement inclusif… et un peuple qui sait qu’il a son destin en main.
