Sous le signe de la solidarité

Bruce Rennes – Chargé de projets FICD – www.ficd.ch

Au final, la journée du 27 juin aura été épargnée par la météo capricieuse de ce début d’été. L’orage aura grondé longuement autour de cette 8e Fête de la Solidarité sans pouvoir l’atteindre. Ainsi, si un doute avait pu surgir quant au choix de l’emplacement extérieur des stands des organisations membres de la Fédération interjurassienne de coopération et de développement (FICD), il a vite été balayé par l’optimisme et l’ambiance festive qui ont régné dans l’enceinte du Collège de Delémont. La journée a valorisé l’engagement des bénévoles des associations et de toute l’école !

C’est dès 13h30 que les festivités débutent, avec l’accueil des écoliers de 8e année HarmoS de l’école primaire, futurs élèves du Collège. En mariant l’utile à l’agréable, les visites guidées ont permis aux enfants de découvrir les infrastructures de leur future école, tout en acquérant une sensibilisation aux inégalités mondiales et à la coopération au développement par la découverte des activités menées durant cette année scolaire. Une visite qui s’est terminée dans la bonne humeur par une danse africaine collective cadencée par les Dieng Baba. Curieux, le visiteur circulant dans la cour de récréation ou dans les couloirs de l’établissement a pu découvrir les différentes facettes de la solidarité qui ont été travaillées en classe.

À l’intérieur du bâtiment, grâce aux différentes productions des élèves, on se questionnait sur de nombreuses thématiques, bien souvent en lien avec les Objectifs du développement durable (ODD) : les différences entre la Suisse et Madagascar sur la possession et l’utilisation du téléphone portable, la revalorisation de T-shirts usagés, le commerce équitable et bien d’autres encore. Ces activités transversales, intégrées dans le Plan d’étude de l’école, concernent toutes les matières habituellement enseignées. À l’extérieur, les stands tenus par les membres de la FICD offraient une belle vision de l’important travail consacré par les bénévoles des associations à la lutte contre la pauvreté.

Le public a pu se rendre compte de la complexité de cette tâche, qui implique notamment la bonne gestion des projets, entre récolte de fonds, gestion administrative des dossiers et relations avec les partenaires du Sud. Education, santé, agriculture sont les principaux thèmes de ces opérations menées sur tous les continents, avec cœur, dévouement et un professionnalisme qui s’enrichit jour après jour.

Quelques-uns des nombreux portraits réalisés par les élèves de 9e, 10e et 11e HarmoS du Collège de Delémont qui composent l’affiche de la Fête de la Solidarité 2017. 

Une manifestation unique

En fin d’après-midi, sous la tente, c’est l’heure de la partie officielle. Guillaume a 16 ans; il est en 11e HarmoS. Seul face à la foule, il est un peu nerveux. Puis il se lance. D’un geste militant, il coupe le maillon d’une chaîne à l’aide d’une pince. «Les maillons qui composent cette chaîne sont solidaires entre eux, mais il suffit qu’un seul d’entre eux se rompe pour que la charge qu’il soutient se casse définitivement la figure. Pour nous, c’est la même chose; nous devons toujours être solidaires. »

Guillaume, élève de 11e année, lors de la partie officielle de la Fête de la Solidarité.

Martial Courtet, ministre jurassien de la Formation, de la culture et des sports, évoque notamment son parcours personnel et professionnel en tant qu’enseignant durant un semestre dans une école au Cameroun, il y a une dizaine d’années. « Ce fut évidemment une expérience difficile, mais aussi extrêmement formatrice.» Il rend également hommage à tout le travail effectué autour de la solidarité : «Dans un monde où le repli sur soi et la peur de l’autre ont tendance à se généraliser, eh bien, n’ayons pas peur de l’affirmer, la Fête de la Solidarité n’en est que plus importante.»

Manuel Sager, le chef de la Direction du développement et de la coopération (DDC), rebondit sur sa découverte de la fête : «Il y a une heure, un journaliste m’a demandé si je visitais souvent des fêtes de la solidarité liées à la coopération internationale. Je lui ai répondu que non. C’est la première fois et je ne suis même pas sûr qu’il existe des manifestations similaires… Je pense qu’elle est unique en Suisse !» Continuant sur sa lancée, sensible aux paroles d’une chanson du Chœur du Collège – traitant de surconsommation – dévoilée en début de partie officielle, le directeur de la DDC souligne la responsabilité de chacun en tant que consommateur et électeur. Il insiste sur la chance que nous avons de pouvoir voter trois à quatre fois par an sur des objets en rapport avec les Objectifs du développement durable : «Notre responsabilité est de résoudre les conflits d’intérêt entre environnement et progrès de la société.»

Discours de Manuel Sager, directeur de la Direction du développement et de la coopération (DDC). ©Bruce Rennes.

Des élèves ambassadeurs des associations

Cette 8e Fête de la Solidarité fut donc un succès à tous points de vue. Par ces lignes, les instances de la FICD tiennent à remercier toutes les personnes qui ont contribué à cette réussite : en premier lieu la direction et les enseignants de l’école, notamment pour les échanges, les idées qui fusèrent jour après jour pour organiser de nouvelles activités en classe, et et les élèves, bien évidemment. Au cœur de l’action, ils ont été sollicités pour apprendre et découvrir, mais pas seulement. Ils ont monté et démonté des stands, ils ont été mobilisés pour cuisiner, servir et vendre. Ils ont participé également à des opérations de communication, devenant ainsi les «élèves du jour» dans la rubrique du Quotidien Jurassien. Ils ont été les représentants des associations bien évidemment, par leur implication tout au long de l’année scolaire et, le jour même de la fête, par la confection des repas et des différentes animations. Mais surtout, pour reprendre les mots d’Olivier Girardin, président de la FICD, ils sont devenus, le jour de la fête, de véritables ambassadeurs des associations, n’hésitant pas à interpeller les passants afin de leur présenter les projets et de les sensibiliser à la coopération et au développement.

Ce fut un véritable plaisir de s’adresser à ces jeunes. Ils sont l’avenir, ils sont les citoyens de demain. Souhaitons qu’ils participent à construire un monde plus juste et plus équitable

Avant cette année, bien que Noé fût plus sensibilisé que les autres – « un membre de ma famille est bénévole chez Espoir pour Eux », explique-t-il – les quatre adolescents n’avaient qu’une vision limitée des actions menées par les ONG régionales. Colin explique que la télévision, Canal Alpha ou la RTS, permet d’obtenir des informations sur les associations.