À la mi-novembre, une délégation de l’Association suisse de soutien à l’Université des Montagnes (ASS-UDM) est venue en Suisse dans le cadre d’un projet de pédagogie professionnelle soutenu par la FICD. Il vise à mieux outiller les enseignant·e·s camerounai·e·s dans leurs pratiques d’enseignement de formatrices et de formateurs.
PEPROCAM (Pédagogie Professionnelle au Cameroun) est un projet innovant initié par Charly Yafong, Maître Professionnel à l’École des Métiers de Fribourg et président de l’Association suisse de soutien à l’Université des Montagnes. « En 2022, la première phase de ce projet visait à former des formateurs et formatrices. Pour cette seconde étape, en plus des formateurs et formatrices, nous avons aussi formé quelques diplômé·e·s de la première phase, comme des mentors, c’est-à-dire, des personnes qui ont accompagné leurs pair·e·s pendant le processus de formation » Cette première phase, comme la seconde d’ailleurs, est financée en partie par la Fédération interjurassienne de coopération et de développement, via des contributions de la Direction du développement et de la coopération (DDC) et du canton du Jura.
C’est dans le cadre de ce cursus qu’une dizaine de Camerounaises et Camerounais sont venu·e·s en Suisse. Les visiteur·euse·s étaient facilement identifiables puisqu’ils et elles portaient toutes et tous un t-shirt aux couleurs du projet. Cette visite les a notamment emmené·e·s dans les locaux de la Fondation rurale interjurassienne, à Courtemelon, où nous les avons rencontré·e·s.
Parmi eux et elles, nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Maurel Tikombouo, 26 ans, enseignant au secondaire et formateur de délégué·e·s médicaux·ales : « Le projet PEPROCAM est un projet destiné à transférer une partie des compétences suisses au Cameroun. Nous sommes ici pour comprendre un modèle que nous souhaitons nous approprier. » Pour lui, ce voyage d’étude constitue une étape importante, qui lui permettrade disposer et de proposer des outils indispensables à l’amélioration de la qualité des formations des formateurs et des formatrices. Mélanie Tchoupou, 47 ans, gestionnaire en ressources humaines, est également du voyage. Les premiers modules de cette formation, qui se déroulaient au Cameroun, ont déjà eu une influence sur sa pratique professionnelle : « Au sein de mon établissement, je déploie les plans de formation. J’ai changé mon approche, plus particulièrement la méthode d’animation. Dorénavant, on laisse davantage de place aux apprenants et apprenantes. L’enseignante ou l’enseignant n’est plus seul·e sur le devant de la scène. »
Le voyage à travers différentes institutions de formation en Suisse a permis aux Camerounais·e·s de mieux comprendre l’approche de la formation duale helvétique, qui allie pratique et théorie. « C’est une démarche qu’on ne connaît que très peu chez nous, qui avons hérité d’un système éducatif plutôt axé sur la théorie, regrette Mélanie. Toutefois, sur le terrain, nous constatons une soif d’apprendre des apprenants et apprenantes et une envie de passer au système suisse pour améliorer la qualité de leur formation et, in fine, la qualité de l’enseignement transmis aux élèves.»

Pour Charly Yafong, ce voyage d’étude est une réussite : « Les étudiantes et les étudiants ont apprécié de toucher du doigt la réalité des écoles professionnelles suisses, dont l’école des métiers de Porrentruy, qu’ils et elles ont eu, entre autres, l’occasion de visiter. » En outre, Charly relève les bénéfices de ces deux premières phases : « Les anciennes participantes et anciens participants ont créé un forum qui leur permet d’échanger et d’organiser des visites entre eux. Autre preuve du succès de ce programme, les cours sont actuellement centralisés à l’Institut agricole d’Obala (projet également soutenu par la FICD), et les étudiantes et étudiants en provenance de l’extrême nord du Cameroun y étaient peu représentés. Un des participants, originaire de cette région, a eu envie d’apporter un bout de cette pédagogie chez lui afin de la proposer à ses collègues. C’est une nouvelle dynamique qui est en chemin ! »
Les deux premières phases de PEPROCAM ont permis « Une forme de remise en question dans les pratiques professionnelles », relève Charly Yafong , qui remarque également que cette démarche répond en tous points au slogan du projet « Laisser des traces. »
Bruce Rennes ● Chargé de projets FICD – Le 21 janvier 2025
À la mi-novembre, une délégation de l’Association suisse de soutien à l’Université des Montagnes (ASS-UDM) est venue en Suisse dans le cadre d’un projet de pédagogie professionnelle soutenu par la FICD. Il vise à mieux outiller les enseignant·e·s camerounai·e·s dans leurs pratiques d’enseignement de formatrices et de formateurs.
PEPROCAM (Pédagogie Professionnelle au Cameroun) est un projet innovant initié par Charly Yafong, Maître Professionnel à l’École des Métiers de Fribourg et président de l’Association suisse de soutien à l’Université des Montagnes. « En 2022, la première phase de ce projet visait à former des formateurs et formatrices. Pour cette seconde étape, en plus des formateurs et formatrices, nous avons aussi formé quelques diplômé·e·s de la première phase, comme des mentors, c’est-à-dire, des personnes qui ont accompagné leurs pair·e·s pendant le processus de formation » Cette première phase, comme la seconde d’ailleurs, est financée en partie par la Fédération interjurassienne de coopération et de développement, via des contributions de la Direction du développement et de la coopération (DDC) et du canton du Jura.
C’est dans le cadre de ce cursus qu’une dizaine de Camerounaises et Camerounais sont venu·e·s en Suisse. Les visiteur·euse·s étaient facilement identifiables puisqu’ils et elles portaient toutes et tous un t-shirt aux couleurs du projet. Cette visite les a notamment emmené·e·s dans les locaux de la Fondation rurale interjurassienne, à Courtemelon, où nous les avons rencontré·e·s.
Parmi eux et elles, nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Maurel Tikombouo, 26 ans, enseignant au secondaire et formateur de délégué·e·s médicaux·ales : « Le projet PEPROCAM est un projet destiné à transférer une partie des compétences suisses au Cameroun. Nous sommes ici pour comprendre un modèle que nous souhaitons nous approprier. » Pour lui, ce voyage d’étude constitue une étape importante, qui lui permettrade disposer et de proposer des outils indispensables à l’amélioration de la qualité des formations des formateurs et des formatrices. Mélanie Tchoupou, 47 ans, gestionnaire en ressources humaines, est également du voyage. Les premiers modules de cette formation, qui se déroulaient au Cameroun, ont déjà eu une influence sur sa pratique professionnelle : « Au sein de mon établissement, je déploie les plans de formation. J’ai changé mon approche, plus particulièrement la méthode d’animation. Dorénavant, on laisse davantage de place aux apprenants et apprenantes. L’enseignante ou l’enseignant n’est plus seul·e sur le devant de la scène. »
Le voyage à travers différentes institutions de formation en Suisse a permis aux Camerounais·e·s de mieux comprendre l’approche de la formation duale helvétique, qui allie pratique et théorie. « C’est une démarche qu’on ne connaît que très peu chez nous, qui avons hérité d’un système éducatif plutôt axé sur la théorie, regrette Mélanie. Toutefois, sur le terrain, nous constatons une soif d’apprendre des apprenants et apprenantes et une envie de passer au système suisse pour améliorer la qualité de leur formation et, in fine, la qualité de l’enseignement transmis aux élèves.»

Pour Charly Yafong, ce voyage d’étude est une réussite : « Les étudiantes et les étudiants ont apprécié de toucher du doigt la réalité des écoles professionnelles suisses, dont l’école des métiers de Porrentruy, qu’ils et elles ont eu, entre autres, l’occasion de visiter. » En outre, Charly relève les bénéfices de ces deux premières phases : « Les anciennes participantes et anciens participants ont créé un forum qui leur permet d’échanger et d’organiser des visites entre eux. Autre preuve du succès de ce programme, les cours sont actuellement centralisés à l’Institut agricole d’Obala (projet également soutenu par la FICD), et les étudiantes et étudiants en provenance de l’extrême nord du Cameroun y étaient peu représentés. Un des participants, originaire de cette région, a eu envie d’apporter un bout de cette pédagogie chez lui afin de la proposer à ses collègues. C’est une nouvelle dynamique qui est en chemin ! »
Les deux premières phases de PEPROCAM ont permis « Une forme de remise en question dans les pratiques professionnelles », relève Charly Yafong , qui remarque également que cette démarche répond en tous points au slogan du projet « Laisser des traces. »
