Créée en 2016, l’association Gbonele « Un toit pour toi » a œuvré pour construire un centre d’accueil dans la région de Tabou, au Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire. Membre de la FICD depuis 2018, l’association a déposé une demande de financement en 2020. 5 ans plus tard, le bâtiment est terminé. Mais ce n’est pas une fin en soi, puisque c’est maintenant que tout démarre : les élèves arriveront en octobre 2025.
« La construction de ce centre d’accueil a toujours été l’objectif de notre association », déclare Ruth Leiber, présidente de l’association. Ce bâtiment joue en effet un rôle primordial, car il va permettre d’accueillir des élèves dans un lieu serein, propice à leurs études. Pour rappel, La Côte d’Ivoire ne dispose pas de suffisamment d’internats sur son territoire. C’est un héritage du passé colonial du pays.
Au lendemain de son indépendance, la Côte d’Ivoire connaît un taux de scolarisation de 8%. En 1961, comme tous les pays Africains nouvellement indépendant, la Côte d’Ivoire suit les recommandations de la charte d’Addis-Abeba et l’éducation devient une priorité. En 2012, le taux net de scolarisation au niveau primaire s’élevait à 70%, pour atteindre 91% en 2019. Néanmoins, on ne peut pas observer de tels progrès dans la scolarisation secondaire, le taux net de scolarisation pour cette section atteignait 43 % en 2019. Parmi les freins à la scolarisation, les établissements scolaires peinent à accueillir cette masse d’élèves en raison du manque de salles de classe et d’enseignants. En 2019, une classe de primaire accueillait en moyenne 41 élèves et une classe de secondaire 57 élèves par classe en secondaire. Il y a des disparités entre les villes et les campagnes. Les premières étant mieux dotés en établissements scolaires. Cette situation a pour conséquence que les familles des régions périphériques envoient leurs enfants dans des établissements scolaires loin de chez eux. Les jeunes sont ainsi confiés à des ménages d’accueil, qui bien souvent ne respectent pas les accords passés, les jeunes filles peuvent être employées à des tâches domestiques plutôt que de se rendre à l’école, par exemple.
C’est donc dans ce contexte que l’association Gbonele – Un toit pour toi – s’est lancé dans la construction d’un internat. Le contrat de financement avec la Fédération interjurassienne de coopération au développement a été signé en 2021. Les travaux ont ainsi pu démarrer, mais non sans difficultés : « Nous avons dû faire face à la crise sanitaire et à l’augmentation des prix des matériaux, ce qui a engendré des frais supplémentaires. La principale conséquence : nous avons renoncé à construire un dortoir à étage. »
Un projet redimensionné
Le bâtiment a donc été redimensionné, mais, de l’aveu même de Ruth Leiber, c’est grâce à une équipe courageuse et déterminée, ainsi qu’aux partenaires sur place, que le projet a pu être mené jusqu’à son terme. Après 4 ans de travaux, le centre d’accueil et d’hébergement de Tabou est terminé. La fin de cette construction est un début puisque les premiers élèves de la rentrée scolaire 2025-2026 sont attendus pour début octobre. « Actuellement, nous sommes dans une phase de publicité auprès des lycées et des collèges grâce à l’aide de la Préfète de Tabou et de nos partenaires sur place. » 40 élèves sont attendus pour occuper l’internat.
Toutefois, Ruth Leiber garde en tête que le projet initial n’est pas tout à fait complet. « Je remercie nos partenaires en Suisse, notamment la FICD pour son soutien. Même s’il est vrai qu’il est difficile de trouver des financements, nous sommes confiants et nous visons la construction du second dortoir d’ici deux ou trois ans. ».
- Les photos de travaux du projet de Gbonele sont visibles ici.
Bruce Rennes, chargé de projets FICD ● 25.07.2025
