Les impacts de l’alphabétisation au Burkina Faso

Pierre Yonli et Nunia Onadja, Association MOANDI Partenaires de l’association La goutte d’eau

L’ADM, association de développement moandi (l’union fait la force), a pour objectif d’assurer le développement économique, social et culturel de la région Est du Burkina Faso. Elle s’occupe notamment de promouvoir les actions d’alphabétisation, de valoriser l’énergie renouvelable, de promouvoir les activités liées à l’agriculture, d’assurer une capacité de survie aux familles gravement touchées par la famine. Depuis 1987, elle s’occupe du suivi des activités de l’association tramelote, «La goutte d’eau».

L’alphabétisation participe de manière indéniable à l’autonomisation et au développement socio-culturel et économique de l’Homme. Les peuples qui ont eu la maitrise de l’écriture et de la lecture ont amélioré de manière considérable leurs conditions de vie et de travail. L’alphabétisation, l’ensemble des activités éducatives et de formation destinées à des jeunes et à des adultes en vue d’assurer l’acquisition de compétences de base dans une langue donnée, vise l’autonomie de l’apprenant, est une composante de l’éducation non formelle.

Cours d’alphabétisation, région de Fada N’Gourma, Burkina Faso. ©Pierre Yonli.

La stratégie du « faire faire » a permis d’engranger des résultats importants au niveau de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle, en passant d’un taux d’alphabétisation de 28,7 % à 35% au Burkina Faso.

L’alphabétisation a permis, d’une manière générale, aux alphabétisés de prendre des notes lors des réunions auxquelles ils participent, d’exploiter les écrits en langues nationales, tels que les journaux, les brochures et fascicules d’agriculture, d’élevage, de santé, et de résoudre des problèmes mathématiques de la vie courante (ventes, achats, gestion des unités économiques). Elle a permis aux alphabétisés une prise de responsabilité dans la vie politique locale, et une meilleure connaissance des droits et devoirs du citoyen. Les impacts de l’alphabétisation sur les femmes se manifestent aussi au niveau de la citoyenneté des femmes et de leur participation au développement local.

Le « faire faire » se définit comme une stratégie permettant à l’Etat et aux partenaires (ONG et associations, Partenaires Techniques et Financier, etc.) de se doter d’une clé de répartition fonctionnelle des rôles dans l’exécution des programmes d’alphabétisation et d’éducation non formelle.

Le rôle de chacun :

  • L’Etat : assurer les missions d’orientation, de suivi, d’évaluation, de contrôle des activités d’alphabétisation et de contribution financière ;
  • Le FONAENF et l’Etat : mobiliser les ressources financières nécessaires à la mise en œuvre des activités d’alphabétisation ;
  • Les Opérateurs en alphabétisation : mettre en œuvre sur le terrain des activités d’alphabétisation ;
  • Les Bénéficiaires : fréquenter régulièrement les centres d’alphabétisation, se faire évaluer et mettre en pratique les acquis de l’alphabétisation. Leur participation financière est de 500 CFA (CHF 0,84).

Le coût d’un centre de formule enchaînée : 488’375 CFA par apprenant-e (CHF 805). La formule enchaînée signifie que les niveaux 1 (AI : alphabétisation initiale) et 2 (FBC : formation complémentaire de base) sont enseignés la même année. Les cours se donnent pendant la saison sèche, de janvier à avril.

Le groupe cible est constitué d’adultes considérés comme étant « analphabètes », c’est-à-dire d’adultes dont les capacités de lecture et d’écriture sont inférieures à celles nécessaires pour fonctionner de manière adéquate à la maison, au travail ou dans la collectivité, et ceux qui cherchent à maintenir leur niveau fonctionnel ou à être reconnus comme l’ayant atteint.

Des niveaux d’alphabétisme plus élevés ne profitent pas seulement aux individus, mais aussi à l’ensemble de la société sur le plan économique, éducationnel, social et de la santé. L’amélioration des compétences peut avoir une incidence positive sur la vie des gens, notamment, sur leur employabilité, leur taux salarial, leur revenu et un mode de vie sain.