Fin septembre, le pique-nique réseautage organisé par la FICD a démontré les synergies possibles entre les différents membres de la fédération. Dix associations étaient représentées à l’occasion de ce moment d’échange convivial.
Le 20 septembre dernier, la cabane du Bézout, sise dans la forêt de Develier, accueillait un pique-nique un peu particulier. À l’invitation du comité et du secrétariat de la FICD, plusieurs organisations membres de la fédération se sont retrouvées pour un moment d’échange convivial, axé notamment sur un atelier pratique, avant le partage d’un repas pris en commun. Principale animatrice de l’événement, Isabelle Boegli, Secrétaire générale de la FICD, a souligné l’importance de cette rencontre qui vise à tisser des liens entre les membres, « à apprendre à se connaître. » D’ailleurs, ce fut la première étape de cette rencontre : chaque membre a eu pour mission de confectionner un badge avec le logo de son association et d’y associer un ou plusieurs pictogrammes symbolisant ses activités.
L’éducation et l’agriculture en tête
Les participantes et les participants ont, à tour de rôle, apposé le logo de leur association sur une mappemonde, indiquant leurs régions d’intervention, puis, sur un tableau, coché leurs domaines d’intervention. Cette première approche a mis en évidence les lieux d’implantation communs des projets et permis de distinguer les associations spécialisées dans un seul domaine de celles plus généralistes, officiant dans plusieurs thématiques. L’éducation et l’agriculture arrivent en tête des domaines d’intervention, et les activités convergent principalement vers l’Afrique de l’Ouest. Le résultat : « Des synergies clairement visibles », relève Isabelle Boegli. Charly Yafong illustre ce propos en évoquant les liens existants entre l’Institut Agricole d’Obala (IAO) et son organisation, l’Association suisse de soutien à l’Université des Montagnes, au Cameroun. Les deux partenaires travaillent en effet dans le même pays dans le domaine de la formation professionnelle en agriculture, la deuxième association bénéficiant des locaux de la première pour les cours donnés aux formateurs d’enseignant·e·.
Pour la secrétaire générale de la FICD, « Ces synergies peuvent exister au niveau de la fédération, mais elles peuvent également être plus larges, dans le cadre du FEDERESO, qui regroupe les 7 fédérations cantonales de développement de Suisse latine ». Autre participant, Pierre Petignat, président de la Fondation Avenir Madagascar, explique que son organisation est affiliée à proMADAGASCAR, ce qui l’amène à collaborer avec d’autres ONG qui interviennent dans le même secteur qu’elle. « De plus, notre partenaire, l’ESSVA, a également son propre réseau, ce qui nous permet de travailler avec des Norvégiens, par exemple. »
Pour avoir une représentation complète des synergies possible entre organisations au sein de la FICD, Giovanna, de la Swiss Academy for Development, souligne qu’il serait intéressant de réaliser l’exercice avec l’ensemble des 37 membres de la fédération. « Cela donnerait une image plus représentative ». En outre, tout le monde s’accorde à dire que le tableau pourrait avoir un aspect « tridimensionnel » en y incluant également les données concernantles partenaires du Sud.
Le softball pour l’égalité des genres
La seconde partie de la soirée a porté sur une thématique transversale. Fidèles à un principe démocratique, les convives ont voté parmi un choix de sujets possibles. L’égalité des genres a remporté la mise et ce fut l’objet d’un échange intense illustré de cas concrets, à l’exemple de celui amené par Charly : le premier voyage d’étude, dans le cadre de la formation faisant l’objet du projet mené par son association, s’est déroulé uniquement avec des hommes, ce qui lui a été reproché, par les enseignantes elles-mêmes. « Nous avons corrigé le tir cette année, mais sans atteindre encore la parité ». Autre continent, autre situation, narrée par Giovanna qui revient d’une mission en Colombie. « Le baseball y est très populaire, mais sur le terrain on ne trouve que des garçons. Nous nous sommes donc attachés à analyser la situation et à en trouver les raisons. » De cette minutieuse enquête, il ressort que les femmes préfèrent le Softball. Toutefois, la pratique de ce sport par les femmes est limitée, pour plusieurs raisons : « D’abord, il a été nécessaire de trouver un coach féminin pour les entraîner. Ensuite, beaucoup de ces filles sont mères, nous avons donc mis en place une garderie, entre autres mesures. » Des actions qui ont été efficaces puisque, lors de sa dernière visite, Giovana a constaté qu’ « un tiers des sportifs sur le terrain étaient des sportives, c’est une progression réjouissante. ».
« Le rôle de la femme doit être valorisé, explique Jean-Pierre Ndianyama, de l’association Congo.JU, en RDC, les femmes sont de précieux agents de développement pour les familles. Mais nous avons dû l’expliquer et le prouver. » En effet, bien souvent, le mari puise dans la bourse familiale pour se lancer dans des projets sans résultat, tels que «l’incertaine recherche de diamant », alors que la femme effectue un travail, informel et non reconnu, qui permet de faire vivre la famille. Notre étude a prouvé l’importance de la femme dans l’économie familiale, alors que les filles ne sont pas priorisées dans les familles lorsqu’il s’agit de scolariser les enfants.
Le pique-nique, bien que convivial et apprécié, était évidemment un prétexte pour se retrouver. Nul doute que ces moments d’échanges ont permis aux participantes et aux participants d’apprendre à se connaître et à témoigner de bonnes pratiques, inspirantes pour les un·e·s et les autres. Et c’était bien là l’objectif de la FICD, celui de favoriser le réseautage afin d’opimiser, in fine, le travail de ses organisations-membres dans leurs pays d’intervention.
Bruce Rennes ● Chargé de projets FICD










