D’origine franco-égyptienne, Hyam Zaytoun a grandi en région parisienne. Comédienne pour le théâtre, le cinéma et la télévision, elle est également une autrice accomplie et primée. Depuis la reprise du pouvoir par les talibans en Afghanistan le 15 août 2021, les conditions des femmes ne cessent de se dégrader. C’est une rupture brutale avec 20 ans de progrès. En 2024 : elles n’ont plus le droit de chanter. Bouleversée par cette nouvelle, Hyam Zaytoun part dans une quête : pourquoi la voix des femmes fait-elle ainsi peur ?
Date de parution : 24/04/2025 – Format : 15 x 23 cm – EAN : 9782283040973 – Nombre de pages : 192 p. – Lien vers l’éditeur

Militante dans une association contre les violences sexistes, sexuelles et toutes formes de discriminations au théâtre et au cinéma, l’autrice est interpellée par son amie Marie. Cette dernière l’informe des nouvelles restrictions contre les femmes qui viennent tout juste d’entrée en force en Afghanistan : « une série de loi qui interdit aux femmes de marcher seules dans la rue, de lire à voix haute, de réciter de la poésie, et même de chanter… » Une invisibilisation brutale qui n’émeut pas la communauté internationale.
L’autrice enquête, mêlant introspection personnelle – ses propres silences et ses auto-censures – aux courages de ces femmes afghanes qui décident malgré tout de résister en chantant. Elle interroge donc ses consœurs, véritables combattantes du verbe telle la rappeuse Sonita Alizadeh, militante afghane contre le mariage forcé. Cette dernière vit maintenant aux États-Unis. Ce n’est pas la seule musicienne et chanteuse. Le livre de Hyam Zaytoun regorge de ces modèles qui ont décidé de ne pas disparaître de la sphère publique. L’autrice revient également sur l’histoire de l’Afghan National Institute of Music. Cette école fondée à Kaboul, qui enseigne la musique traditionnelle mais aussi la musique classique occidentale, était dans le viseur des talibans. Ses membres, notamment ses étudiantes, sont exfiltrés et sont réimplantés au Portugal.
Les femmes afghanes n’ont plus le droit de chanter est une petite mélopée qui ne devrait toutefois pas inciter ses lectrices et ses lecteurs à céder au désespoir. Il y a cette petite note discrète, mais porteuse d’espoir : « Pouvoir imaginer qu’une fenêtre s’ouvre ; Que le ciel est bleu à Kaboul ; Que l’on voit une amie dans la rue ; Et qu’on va la saluer ; Discuter sur le pas de la porte. »
Il y a des actions simples que nous pouvons mener pour continuer à entendre la voix des femmes afghanes : écouter des podcasts ou de la musique, lire des récits épiques ou des poèmes afghans. C’est une forme de résistance qui, espérons-le, pourra transporter notre écoute et offrir un peu d’espoir au femmes afghanes au-delà des montagnes de l’Hindou Kouch.
