Ce 25 mars, à l’issue de la partie statutaire de son Assemblée générale, les membres de la Fédération interjurassienne de coopération et de développement ont été conviés à réfléchir sur la notion de partenariat. L’atelier a été animé par Denis Cattin, président de la Commission technique, avec en ligne de mire, l’amélioration des projets menés conjointement entre le Nord et le Sud.

Il y a plusieurs années, dans le cadre de son travail pour l’association Unité (Association suisse pour l’échange de personnes dans la coopération au développement), Denis Cattin avait passé à la moulinette environ 90 partenariats entre les organisations du Nord et celles du Sud. « Le résultat démontrait que la qualité de la relation influençait la qualité du projet », résume-t-il.
Fort de son expérience et à l’invitation du comité de la FICD, les participant·e·s de l’Assemblée générale de printemps de la FICD ont donc été amené·e·s à examiner leurs propres pratiques. Les membres ont tout d’abord évalué 5 critères clés de leur relation avec leur partenaire, allant de la vision commune aux sentiments de confiance, en passant par les bonnes compréhensions des différences culturelles.
Représentation graphique
Par groupe de deux associations, les représentant·e·s ont évalué ces différents critères dans un graphique en forme de pentagone. Plus la note est bonne, plus elle est placée loin du centre. En reliant les différents points, on obtient ainsi une représentation schématique définissant la qualité de la relation. La superposition des deux toiles d’araignée dessinées démontre les différences dans les modes de fonctionnements. « Ici, on compare deux organisations du Nord, relève Denis Catin, mais le même exercice peut être effectué avec vos partenaires au Sud. »

Pour le second exercice, Denis Cattin invite les membres à s’exprimer sur des notions concrètes liées à leurs expériences respectives : on y retrouve les bonnes pratiques et les expériences positives, mais également les difficultés et les obstacles rencontrés. La troisième dimension se concentre sur l’évolution du partenariat dans le temps.
Chaque groupe – identifié par des posts-it de couleur – s’approche du tableau pour exposer le fruit de cette réflexion. Cette approche verbale précise et complète les toiles d’araignée dessinées plus tôt. On y retrouve pêle-mêle des consensus sur la valorisation de la relation humaine et de la gestion ou, à contrario, les dissonances culturelles qui altèrent la qualité du partenariat. Parmi les points négatifs, les membres relèvent plus particulièrement le manque de ressources et les inévitables problèmes liés aux financements des projets.

Le partenariat se fabrique
Durant la discussion, l’assemblée relève que les fragilités se concentrent avant tout sur la responsabilité partagée, avec des rôles parfois flous ou des prises d’initiative inégales. Certains et certaines décrivent une relation « en dents de scie ». Le partenariat demande un suivi constant, des ajustements et, au besoin, des discussions franches sur les montants, les priorités et les modes de financements par étapes.

Au terme des échanges, Denis Cattin revient sur la définition de quelques outils pratiques mobilisables immédiatement (schéma des acteurs, SEPO, analyse du potentiel de collaboration, etc.). Ce sont des instruments qui nécessiteraient des soirées à eux seuls. Alors, le président de la Commission technique mobilise l’attention des participant·e·s sur des aspects plus réflectifs. Denis rappelle qu’un « partenariat est un lien vivant et évolutif ». Il souligne que c’est une pratique qui se fabrique dans le temps et qui traverse différentes phases. « Les relations les plus solides sont celles dont l’impulsion vient du sud », détaille-t-il. En conclusion, ce mouvement permanent entre le Nord et le Sud est indispensable afin de garder un contact continu, orienté vers de nouveaux défis avec, pour horizon, une relation plus équilibrée entre les deux partenaires.