Par Olivier Girardin, Directeur de la Fondation Rurale Interjurassienne – www.frij.ch.
La canicule du mois de juillet a permis à tout un chacun de percevoir directement les effets du changement climatique sur son quotidien. L’agriculture suisse est directement confrontée à cette réalité que ce soit en raison d’orages violents, d’excès ou de manque d’eau. Les calendriers agricoles varient de plus en plus d’une année à l’autre, cependant les effets sur la production sont encore plutôt limités.

Séchage du maïs à l’Institut Agricole d’Obala. La pratique est un élément essentiel de l’agriculture familiale
Les modèles climatiques prévoient des effets très importants sur la production agricole à l’horizon 2050. Cela aura des conséquences notables dans les pays du Sud et tout particulièrement en Afrique subsaharienne où les modèles prédisent des baisses moyennes de rendement de 17% pour le maïs et de 20% pour le riz. Les changements climatiques sont déjà aujourd’hui ressentis par les agriculteurs africains : l’alternance entre saisons des pluies et saison sèche est modifiée ce qui a un impact direct sur les calendriers agricoles avec des pertes importantes au niveau de la production.
Les effets du changement climatique sur l’agriculture seront donc beaucoup plus marqués en Afrique qu’en Europe, alors que la contribution de l’Afrique subsaharienne aux émissions des gaz à effet de serre ne compte que pour 1% du total. Il est donc important que des pays tels que la Suisse apportent leurs contributions à la recherche de solutions en Afrique, afin de pouvoir relever les défis de l’alimentation et de contribuer ainsi à offrir des perspectives aux jeunes Africains, ce qui est le seul moyen de réduire la pression migratoire. Les actions dans ce sens de la Fédération interjurassienne de coopération et de développement sont à saluer, de même que le soutien du canton du Jura, par le Service de la coopération, à l’Institut Agricole d’Obala, au Cameroun, qui investit dans la formation des jeunes agriculteurs en mettant un accent particulier sur les cultures vivrières et sur l’alimentation de la population camerounaise.