Propos reccueillis par Bruce Rennes, chargé de projets de la FICD – www.ficd.ch.
le dr christian som est biologiste et travaille depuis plus de 10 ans pour le WWF Suisse. Il est spécialiste des interactions entre consommation, économie et environnement. Dans sa fonction, il élabore des programmes et des projets avec des entreprises afin de les aider à réduire leur impact sur l’environnement et à contribuer à la préservation de la biodiversité.

Quels sont les types de projets menés par le WWF dans les pays du Sud ?
Le WWF agit de manière globale, également dans les pays du Sud, dans les domaines suivants : Protection des espèces – Le WWF protège le règne animal en luttant notamment contre le braconnage, la destruction des habitats et les conflits avec les hommes. Conservation des écosystèmes – La priorité du WWF est de travailler à la préservation des régions les plus remarquables du globe. Ceci afin d’assurer la survie des espèces et des communautés dépendantes des forêts, des océans et des ressources en eau. Réduction de l’empreinte écologique – Chaque année, l’humanité consomme l’équivalent d’une planète et demie pour subvenir à ses besoins. Pour réduire cette empreinte, le WWF veut faire émerger des modes de production et de consommation plus écologiques et plus durables. Promouvoir la transition énergétique – La combustion des ressources fossiles – comme le pétrole, le charbon et le gaz – est la principale cause du dérèglement climatique. La seule solution pour fournir tout le monde en énergie, sans nuire à l’environnement, est le passage généralisé aux énergies renouvelables.
La consommation d’énergie mondiale (des transports, bâtiments, et de l’industrie) devra diminuer de 15% d’ici 2050, par rapport au niveau actuel et cela sans forcément devoir freiner le développement, surtout celui des pays en développement. Ceci implique de nombreux défis à relever, pour chacun d’entre nous. Au WWF, nous travaillons déjà pour relever ces défis. Pour utiliser l’énergie de façon plus efficace, les solutions existent, mais doivent être déployées à grande échelle. Des standards mondiaux d’efficacité énergétique doivent être mis en place pour tous les produits qui consomment de l’énergie. Ces standards devront se baser sur les technologies les plus avancées. Ils devront être régulièrement contrôlés et renforcés.
Pourquoi le WWF, spécialiste de la défense de la biodiversité, s’intéresse-t-il aux impacts du changement climatique ?
Le réchauffement global menace l’équilibre fragile des écosystèmes de notre planète et pourrait condamner un quart de toutes les espèces à l’extinction.
Les changements climatiques menacent de réduire à néant tout le travail que des organisations de protection de l’environnement comme le WWF ont accompli ces 50 dernières années. Les ours polaires font les gros titres des journaux, mais en réalité, il n’y aura guère d’espèce qui ne sera pas affectée par les changements climatiques. De nombreuses espèces risquent même de s’éteindre complètement. Même des écosystèmes entiers, tels que des récifs de corail, des habitats montagneux et d’importantes portions de forêts tropicales, comme l’Amazonie, pourraient eux aussi disparaître. De nombreux animaux et plantes qui se sont adaptés à leur environnement au cours de millions d’années deviennent très vulnérables à des variations même faibles de température et de régime de pluviosité. Le réchauffement et l’acidification des océans menacent les récifs coralliens et le krill, base de la chaîne alimentaire marine dans de nombreux endroits du monde. De grands mammifères, comme les baleines et les éléphants, sont obligés de se déplacer pour trouver de la nourriture, quittant l’abri des réserves protégées que le WWF et d’autres organisations ont mises en place au prix de nombreux efforts.
Comme nous sommes tous connectés, les êtres humains ne seront pas épargnés par les conséquences des changements climatiques. La mission du WWF est de protéger les espèces de la planète et de créer un avenir dans lequel les êtres humains vivront en harmonie avec la nature. Il est fondamental que nous résolvions cette crise climatique et énergétique, quels que soient les choix et les défis auxquels nous serons confrontés dans cette optique.
De quelles manières le WWF lutte-t-il pour limiter les impacts du changement climatique dans les pays du Sud ?
Voici quelques exemples :
Initiative pour l’Amazonie. Avec son action «Living Amazon Initiative», le WWF entend obtenir un changement de mentalité dans la région de l’Amazonie : ne plus déboiser, mais conserver cet habitat unique.
ARPA – le plus grand projet de protection du monde. Derrière l’appellation de «Amazon Region Protected Areas Program» (ARPA) se cache le plus grand projet de protection de forêt tropicale jamais mis en œuvre. Jusqu’en 2016, 60 millions d’hectares de forêt tropicale brésilienne devraient être protégés par un vaste réseau de réserves naturelles.
Sud de l’Amazonie. La déforestation à grande échelle pour la création de pâturages ou de surfaces de plantation menace la forêt tropicale du Sud de l’Amazonie, autrefois idyllique et peuplée de plantes et d’animaux uniques au monde. Le WWF s’engage pour qu’un changement d’attitude vienne mettre fin à cette immense vague de déforestation. Cette approche repose essentiellement sur la création d’une série de parcs nationaux et d’autres zones protégées au sud de la forêt amazonienne brésilienne, pour arrêter l’avancée des excavatrices et des tronçonneuses.
Quels sont vos critères qui permettent de mesurer l’efficacité de vos actions sur un projet ?
Le WWF ne mesure pas sa performance uniquement en termes d’objectifs stratégiques, mais aussi en termes de projets. Car seul un travail ciblé orienté dans ce sens peut lui permettre de réaliser son but. La vérification de notre performance en termes de projets se déroule en trois étapes :
1. Conception du projet : avant sa mise en application, un projet est toujours soigneusement analysé, de façon à vérifier la conformité de son but par rapport à la stratégie énoncée et aux objectifs concrets sur trois ans, et l’efficacité de sa mise en œuvre. Le WWF cherche toujours de meilleures alternatives et met en place un programme de coaching, qui lui permet de voir si le projet propose des solutions durables aux problèmes identifiés.
2. Planification du projet : une fois l’approche décidée, le WWF met au point des indicateurs permettant de vérifier la bonne réalisation des objectifs, en se basant sur la situation actuelle comme point d’évolution. Propres à chaque projet et mesurables, ces indicateurs tiennent toujours compte de la durée du projet et de la performance exigée par les objectifs sur trois ans.
3. Réalisation du projet et évaluation : tout au long de la réalisation du projet, le WWF recueille des données semestrielles sur l’avancement de celui-ci et sur le contexte dans lequel ses activités s’inscrivent. Si nécessaire, la procédure peut être adaptée en fonction de l’analyse des données recueillies. Le WWF publie régulièrement son analyse quant à l’avancement du projet sur la page Internet dédiée. Dès avril 2016, vous pourrez accéder sur notre site Internet à une vue d’ensemble de tous les bilans de performance liés aux différents projets. Nous évaluons également les projets achevés, afin d’améliorer notre prestation pour les futures actions.