Par Gabriel Nusbaumer, Président de la FICD – www.ficd.ch
Le temps est arrivé pour moi, après plus de vingt ans de présidence de la Fédération interjurassienne de coopération et de développement, de quitter ma fonction.

LEn 1994, j’exprimais, avec d’autres responsables d’associations et de fondations ayant des projets de développement au Sud ou à l’Est, le besoin que nos organisations soient reconnues et soutenues par l’État. Il m’est bien vite apparu que les échanges entre elles renforceraient mutuellement le savoir et le savoir-faire de chacune. L’information du public jurassien pour créer un terreau favorable aux levées de fonds, obligation inévitable pour des organismes privés pour financer leurs propres projets, allait devenir une tâche commune. À l’évidence l’union faisait la force ! C’est ainsi que la dénommée alors Fédération jurassienne de coopération au développement est née.
Au début, ma conception du développement des pays les moins avancés tenait davantage de l’« aide » des pays nantis aux pays « pauvres » que de la « coopération » et du « partenariat ». Je n’avais comme base, il est vrai, que des théories socio-économiques et quelques courts séjours en Afrique de l’Ouest. Mon cœur était sensible aux inégalités et je m’indignais que le Nord « pillât » les ressources du Sud sans en payer le juste prix.
L’importance des associations résidait alors pour moi dans leurs actions de solidarité ici et au Sud, voire à l’Est. Elles sont facteur de sensibilisation de l’opinion publique, ici, et contributrices au développement, au Sud et à l’Est.
La présidence de la FICD m’a stimulé dans ma recherche de la meilleure façon de concevoir le développement des peuples des pays les moins avancés, mais aussi de revisiter celui des pays occidentaux. L’introduction de partenariats formalisés entre les organisations du Nord et leurs correspondantes du terrain, au Sud ou à l’Est, m’est apparue comme un acte d’équité établissant une relation égalitaire de collaboration. Nous autres, gens du Nord, avons aussi à apprendre des gens du Sud.
Mes vœux pour l’avenir de la FICD tiennent dans les termes d’élévation de la conscience de mes concitoyennes et concitoyens dans la nécessaire lutte contre les inégalités, facteurs de pauvreté, de jalousies, moteurs de guerres et de mouvements d’émigration.
Je souhaite que les échanges de compétences Sud-Sud créent des solidarités qui favorisent les reconnaissances mutuelles.
J’engage la FICD à toujours veiller à la qualité des projets de ses membres, même si cette exigence peut paraître « casse-pieds » pour les bénévoles qui les composent. C’est à ce prix que la survie de leurs associations est garantie.
Je souhaite enfin que la FICD trouve les moyens de financer ses activités. Elle doit maintenir son effort sur ce point. L’argent pour les projets, lui, est plus facile à trouver