Conseil de film. Radical : une classe à part


Radical : une clase à part

  • Drame de Christopher Zalla, ave Eugenio Derbez et Daniel Haddad, 2024, vo sous-titré a/f

Le film montre le pouvoir d’une pédagogie adaptée au milieu, aux élèves, une pédagogie active et participative. Personnellement, je peux affirmer que cela marche. »

Petite ville mexicaine située non loin de la frontière américaine, Matamores rassemble le pire de ce que le Mexique peut offrir : trafic de drogues, violence armée, petite délinquance. Ici, les diplômes scolaires, aux résultats manipulés, ne peuvent aider les enfants des écoles à sortir de leur condition sociale. Il est assez inhabituel pour un nouvel enseignant de s’y faire muter.

C’est pourtant le cas de Sergio (Eugenio Derbez). Idéaliste, il aimerait pouvoir offrir de véritables perspectives aux jeunes gens du coin. Pour cela, il est prêt à s’opposer au statu quo et à ses collègues, depuis bien longtemps résignés à la situation. Contre toute attente, sa méthode éducative semble fonctionner.

Le film est basé sur une histoire vraie.

Pourquoi voir le film ?

Ce pourrait être un film de plus sur le milieu scolaire, naïf et bien-pensant.

Toutefois, l’auteur nous emmène dans une classe primaire du Mexique dans laquelle rien ne se passe de positif, où la violence règne, où les contacts entre enseignants sont limités au minimum, où les élèves n’apprennent rien ou pas grand-chose, où le programme scolaire est inadapté au milieu social des familles. L’entrée dans la classe d’un enseignant engagée dans une pédagogie novatrice renverse les tables, au sens propre et figuré, amène les enfants à se poser des questions et à trouver les réponses, amène le directeur à revoir ses principes bien ancrés.

La réalité familiale est très présente et les parents ne croient plus vraiment au rôle salutaire de l’école, empêtrés dans les problèmes quotidiens, les autorités scolaires imposent un programme national auquel ils font semblant de croire, les gangs opèrent toujours dans ce qu’ils savent faire, le trafic et la violence.

Le film montre le pouvoir d’une pédagogie adaptée au milieu, aux élèves, une pédagogie active et participative.

Personnellement, je peux affirmer que cela marche. J’en veux pour preuve cette école de Kinshasa qui après 20 ans d’existence se hisse régulièrement parmi les 10 premières écoles de la capitale de RDC et qui applique, depuis sa création, une pédagogie novatrice et engagée sur les savoirs des élèves.

Personnellement, j’y crois depuis toujours et je suis sûr que ce type de pédagogie pourrait s’appliquer pleinement chez nous, avec l’engagement des enseignants et des autorités scolaires, avec la complicité des parents.

Mais, allez voir le film et vous vous ferez votre idée.


Pierre Petignat ● Membre du Comité de la FICD