A l’issue de la partie statutaire de l’Assemblée générale de la FICD, M. Stéphane Berdat, chef du Service de la Coopération, donnera une conférence intitulée «Jura-Cameroun, un modèle de partenariat institutionnel ».
Jeudi 26 mars 2015, 20h30. Hôtel Restaurant de La Petite Gilberte à Courgenay.
Au cours de sa conférence, M. Berdat présentera les projets jurassiens au Cameroun en insistant sur le cadre institutionnel et partenarial dans lequel ils s’insèrent. Le Jura a joué un rôle pionnier et reconnu en Suisse dans la définition et la mise en oeuvre de projets de développement qui s’inscrivent dans des partenariats institutionnels et impliquent, outre le canton et les partenaires locaux, la Confédération suisse et les autorités gouvernementales des pays destinataires de l’aide. Ce modèle de partenariat est-il transposable aux associations et projets soutenus par la FICD ?
La FICD gère, depuis 2009, un fonds de projets destiné à ses organisations-membres. Il est alimenté principalement par la Confédération, les Cantons du Jura et de Berne, ainsi que par la commune de Delémont. Pour obtenir un financement, la Fédération exige de l’organisation-membre requérante un contrat de partenariat avec une organisation locale. Cette règle paraît parfois surprenante pour des associations qui fonctionnent, souvent depuis plusieurs années, sans partenariat formel.$
Quelle définition pour le partenariat ?
Dans leur étude intitulée « Partenariat – Entre désir et réalité (2002) », Denis Cattin (membre du comité de la FICD et président de la Commission technique) et Martin Schreiber (chargé de mission au sein de la plateforme Unité), définissent le partenariat comme une relation construite par différents acteurs, unis par une motivation et une vision communes, et ayant pour but de planifier et de réaliser ensemble des activités de coopération selon des objectifs clairement définis et acceptés. Des aspects qualitatifs complètent cette définition. Les auteurs précisent que le partenariat doit être une relation dynamique, en constante évolution, inciter au dialogue permanent et respecter les différences culturelles. Des responsabilités incombent aux deux partenaires.
Le cas particulier du jumelage, un partenariat entre communes
Plusieurs associations membres de la FICD sont des émanations de jumelages, une forme de partenariat conclu entre les autorités locales de deux communes. C’est le cas notamment de deux organisations actives en Amérique centrale : l’association Biel/Bienne-San Marcos et le Groupe Nicaragua de Delémont. Jean Parrat, membre de cette dernière association, confirme l’importance du dynamisme : « Il ne s’agit pas de simplement déclarer un jumelage, encore faut-il qu’il soit effectif et vivant. ». Pour l’association biennoise, le contrat de prestation avec la ville de Bienne énumère les activités du jumelage et détermine le démarches pour les demandes de financement et nous donne davantage de crédibilité auprès des bailleurs », souligne Hans Müller, président de l’association.
Faut-il formaliser le partenariat par un contrat ?
Denis Cattin le relève, « certains partenariats ne sont pas formalisés mais ils fonctionnent très bien. » Une affirmation confirmée par Pierre Petignat, président de la Fondation Avenir Madagascar. Aucun document de partenariat n’a été signé entre l’association et leur partenaire Radio Haja, et pourtant « tous les rapports avec ce projet relèvent du partenariat » Alors est-il nécessaire de formaliser cette relation ?
L’étude « Partenariat – Entre désir et réalité » synthétise les effets bénéfiques d’une bonne relation de partenariat, ceci d’autant plus qu’elle est formalisée, et donc clairement reconnue par les deux parties, qui signent un engagement mutuel faisant état des droits et des devoirs de chacune. Outre le fait de favoriser une meilleure collaboration entre les partenaires de cultures différentes, un accord de partenariat est un précieux instrument permettant de valoriser les compétences du partenaire du Sud et le rôle primordial qu’il joue dans la conduite et le suivi d’un projet. Il est en effet avéré qu’un partenariat solide est un élément essentiel qui contribue à la bonne qualité d’un projet.
Trop souvent les interventions en matière de développement se basent sur l’état des manques (capacités, matériel, ressources) qu’il faut à tout prix combler au Sud. Une autre approche est celle qui se base sur les ressources et capacités existantes et vise à les mettre en valeur, les renforcer, les développer (capacity building). Une bonne relation de partenariat doit être conçue dans ce but.
Un partenariat de qualité est également un précieux outil de sensibilisation de l’opinion publique et des organes politiques des pays concernés, dans la mesure où, au-delà des projets qui s’y réalisent, il constitue l’élément institutionnel d’une coopération basée sur le partage d’un vécu commun entre des populations du Nord et du Sud.