CIP-Solidaire 2026 : en musique !

CIP-Solidaire 2026 a résolument vibré au son de la musique et a pu compter sur le soutien de son public, une fois de plus au rendez-vous. Une nouvelle édition sans fausse note !

Ce dimanche 31 mai, les chants traditionnels, ainsi que les musiques urbaines et du monde, se sont côtoyés à l’occasion de la 13e édition de CIP-Solidaire. Le programme était particulièrement festif et les partitions de musique ont rythmé la manifestation dès l’ouverture de la partie officielle. La chorale Tramlasol a en effet donné le coup d’envoi des discours orchestrés par le président de la FICD, Olivier Girardin.

Le vivre ensemble

Hervé Gullotti, maire de Tramelan, relève que sa commune contribue à la qualité du vivre-ensemble, puisque le village héberge un centre de réfugiés depuis plusieurs décennies. « La cohabitation se passe sans heurts et dans le respect. » Plaçant astucieusement une référence à la conférence organisée trois jours plus tôt [lire l’encadré], l’édile se réjouit d’une telle journée sur le territoire de sa commune : « CIP-Solidaire vaut de l’or. Pas celui qui transite par la Suisse et dont on ne peut vérifier l’origine, mais celui qui permet, symboliquement, de donner de la valeur aux choses. »

Pour le Conseiller d’État Pierre Alain Schnegg, “CIP-Solidaire, c’est un signe. Un signe en faveur de l’ouverture. Un signe en faveur de la rencontre. Et un signe en faveur de la solidarité. Cette solidarité, il est bien plus ardu de la concrétiser, de la vivre au quotidien.” Il a rappelé le succès de la collaboration entre le CIP, la Croix-Rouge et le Département bernois de la santé, des affaires sociales et de l’intégration qu’il dirige : une formation d’Auxiliaire de santé destinée aux personnes issues de la migration.

Enfin, Jean-Daniel Gerber, natif de Tramelan et ancien directeur de l’Office fédéral des migrations, qui a travaillé sur de nombreux thèmes durant sa carrière : « Celui de la migration fut le plus passionnant », explique-t-il. Toutefois, il rappelle qu’il s’agit d’un sujet impossible à résoudre : « Tout au plus peut-on le gérer. » Il regrette cette politique qui renvoie les migrants et les migrantes sans apporter de réponses concrètes aux problématiques locales : « De retour au pays, ces populations sont fragilisées et en danger. »

Innovation de cette 13 ème édition de CIP-Solidaire, le speed-dating des associations a permis au public de découvrir le travail de la dizaine d’ONG présentes. Tour à tour, chacune d’entre elles a disposé de deux minutes pour se présenter, détailler ses actions et enfin dévoiler l’artisanat exposé sur son stand. Les prises de paroles sont de véritables invitations à des voyages solidaires, reliant entre eux les continents dans une atmosphère joyeusement colorée. Vendus au bénéfice de projets liés à la santé, l’agriculture ou encore l’éducation, les bijoux, sacs, paniers tressés ou savons illustrent cet incroyable savoir-faire manuel venu des quatre coins du monde.

Combinaisons gustatives, visuelles et sonores

La dégustation des repas préparés par les migrantes et les migrants de Tramelan et alentours est un des moments forts de la manifestation. Le buffet rivalise en couleurs et en saveurs avec les stands des exposantes et des exposants. Les cuisiniers et les cuisinières apprécient ces moments d’échanges avec les visiteurs et les visiteuses. Toute la semaine, le travail a été intense afin de partager le jour J un aspect de leur culture à Tramelan. Au menu, on a pu savourer des spécialités venues notamment d’Ukraine, d’Afghanistan, du Burundi, de la Somalie ou encore de la Colombie.

Deux expositions ont animé la salle Pléiades du CIP : d’une part celle de l’illustratrice jurassienne Leandre Ackermann, qui a été invitée par Médecins Sans Frontières à réaliser un reportage dessiné sur le centre de jour que l’organisation gère à Calais. Présentée sous la forme d’une grande fresque, elle raconte le parcours de vie des jeunes migrants qui y sont hébergés. De son côté, l’artiste Serge Bracchotto présente des planches originales de son ouvrage « Sens inverse ». L’auteur y dépeint son retour au Rwanda, plus de 40 ans après l’avoir quitté. En marge de son exposition, il était accompagné du professeur Roland Junod, qui a donné une conférence, dans laquelle il est revenu sur le dialogue intercommunautaire post-génocide dans le pays. Dans une présentation très détaillée, il a démontré l’origine occidentale de la définition des ethnies du Rwanda et s’est félicité du travail accompli autour de cette difficile réconciliation.

Tout au long de l’après-midi, des musiciens et musiciennes issus de la migration se sont succédé pour démontrer l’étendue de leur talent. Ces prestations individuelles n’étaient que l’amuse-bouche d’un concert collectif exceptionnel, orchestré par le romancier-journaliste-guitariste Thomas Loosli et arrangé par le musicien d’origine vénézuélienne Rubin Delgado.

Sur la scène de l’auditorium du CIP, l’Ukrainienne Piccola Kristi déclame un poème dans sa langue natale. Deux compatriotes l’accompagnent avec un violon et un didjeridoo. Le temps est suspendu. L’Érythréen Mikelé Welmedehiret les rejoint avec son kraar, un instrument de musique à cordes. Plus tard, l’exceptionnelle voix du Burundais Kwiz Carter s’invite dans les variations sonores. Il reprend des standards francophones et internationaux. Les sons plus urbains des rappeurs guinéens Wiz et Miki Camara complètent cette symbiose musicale internationale. En cette fin d’après-midi, jamais ce vivre-ensemble, cher à Hervé Gullotti, n’a été aussi bien illustré que par ce groupe composé de musiciens et de musiciennes qui, il y a quelques semaines, ne se connaissaient pas encore.

Bruce Rennes, Chargé de projets, 12.05.2026

Sur la piste de l’or

C’est une tradition depuis quelques années : en marge de CIP-Solidaire, la Fédération interjurassienne de coopération et de développement et le comité d’organisation de la manifestation mettent sur pied une table ronde qui convie le public à appréhender les enjeux d’une thématique donnée. Le 27 mai 2026, les invités du modérateur Antoine Le Roy ont échangé autour de la traçabilité de l’or, depuis son extraction dans les mines jusqu’à sa transformation et sa vente dans une bijouterie.

En moins d’un an, le prix de l’or a doublé, suscitant davantage de convoitise, tant pour alimenter le marché de l’horlogerie-joaillerie que pour être utilisé comme valeur refuge par le système bancaire et les investisseurs. Même si Marc Ummel, responsable du secteur des industries extractives de l’ONG Swissaid, reconnaît que des efforts ont été déployés par des raffineries telles que Metalor Technologies SA, représentée ce soir-là par son CEO Nicolas Carrera, il reste encore du travail. L’or est un métal dont l’approvisionnement demeure trop souvent opaque. La bataille des chiffres entre les deux intervenants est arbitrée par Thomas Brodmann, Chef du Bureau central du contrôle des métaux précieux de l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières.

Pauline Held, bijoutière à Tramelan, apporte une touche locale et de proximité au débat. Celle qui a été formatrice dans le cadre d’ateliers éthiques en Haïti et au Nigéria précise que « Ce n’est pas seulement l’origine, mais également la qualité des métaux qui compte. » Au sortir de la table ronde, elle invite ses clients et clientes à se montrer plus curieux ou curieuses quant à l’origine de l’or acheté. Elle considère que ce sont ces demandes et ces questionnements qui contribueront à faire évoluer les critères d’approvisionnement des entreprises qui la fournissent. « In fine, vendre un or durable est un véritable argument de vente », conclut-elle.

Galerie photos de l’édition 2026

Le comité d’organisation de CIP-Solidaire 2026 :

Mathieu Chaignat, Lucie Etienne, Liliane Chaignat (La Goutte d’eau), Margaux Brahier, François Roquier (Rigzen-Zanskar) et Bruce Rennes (FICD).

Programme détaillé

  • 10h00 Ouverture des stands des associations, fresque commune
  • 10h45 Intermède musical avec la chorale Tramlasol
  • 11h00 Intermède musical avec le choeur d’enfants de Mont-Tramelan
  • 11h15-16h15 Discours officiels et verrée avec les interventions de : Hervé Gullotti, maire de la commune de Tramelan, Pierre-Alain Schnegg, conseiller d’État bernois, Jean-Daniel Gerber, anc. directeur Office fédéral des migrations
  • 11h15-16h15 Atelier de marbrure avec Selma Demirci
  • 11h30 Speed-dating des associations
  • 12h30 Repas interculturel avec le centre d’accueil de Tramelan (sur inscription 032 486 06 06 / reception@cip-tramelan.ch) 25.- CHF
  • 13h30-15h30 Grimage pour les enfants avec Fée Mère’veille
  • 14h00 Exposition Le Rwanda, c’est aussi notre histoire. Visite commentée, discussion et dédicaces
  • 14h30-15h45 Musiciens du monde, interventions individuelles
  • 16h00 Fermeture des stands
  • 16h30 Concert Un monde, mille musiques

Les associations participantes :

La Goutte d’eau | Fondation Avenir Madagascar | Magasin du Monde | Amitra-Tramelan | Gbonele – un toit pour toi | Achema Mauritanie | Sunukeur Sénégal | Coup de pouce | Mihary-Madagascar | Mission Évangélique au Tchad | Fédération interjurassienne de coopération et de développement

Speed-dating des associations

Un animateur, un chronomètre et c’est parti pour une rencontre animée et
interactive avec les associations présentes. 30 minutes… top départ ! Dimanche 31 mai 2026 à 11h30.

LE RWANDA, C’EST AUSSI NOTRE HISTOIRE

Dès 1963, le Rwanda est devenu un pays prioritaire pour la coopération suisse, notamment dans la gouvernance, la réduction de la pauvreté et la formation
professionnelle. Pourtant en 1994, le pays sombre dans un des pires massacres du XXe siècle. Serge Brachetto, illustateur suisse, a vécu sa jeunesse au Rwanda avant de rejoindre le Jura. Il a édité un livre sur sa propre «migration». Roland Junod, philosophe et enseignant, parlera de ses expériences de dialogue communautaire et d’actions menées au Rwanda en collaboration avec le Centre de Gestion de Conflits de l’Université Nationale à Kigali. Visite commentée, discussion et dédicace : Dimanche 31 mai 2026 à 14h00.

Un monde, mille musique

Le musicien-journaliste-romancier Thomas Loosli a préparé un concert est unique : La musique rassemble, peu importe les différences de langues et de culture. Des musiciens issus de la migration proposent chacun à leur manière d’ouvrir une fenêtre sur leur pays. Ils accorderont instruments et voix pour vivre un moment exceptionnel. Avec : Mikelé Welmedehiret, Érythrée / Serhii Molchanov, Ukraine / Kwiz Carter, Burundi / Wiz et Miki Camara, Guinée / Lakal23, Sud-Soudan / Rubin Delgado, Venezuela / Diana Sytnychenki, Ukraine / Thomas
Loosli, Tramelan / Raoul Demmer, Tramelan / Nora Medina (danse), Argentine / Groupe de danse Âme de notre pays, Ukraine. Dimanche 31 mai 2026 de 14h30 $ 15h45 pour les prestations individuelles, concert commun à 16h30.