Voyager sans carte Visa, c’est suspect !

Cet été, Yempabou Frédéric Coulidiati a quitté pour la première fois le Burkina Faso pour rendre visite à son amie Liliane Chaignat, de Tramelan. Il nous livre ses impressions.

 Frédéric et Liliane se sont rencontrés en 1995, à l’occasion du premier voyage de la tramelote au Burkina Faso. Elle visitait de la parenté installée à Ouagadougou. Par la suite, l’engagement de Liliane dans les activités de la Goutte d’Eau l’a amenée à revenir régulièrement au pays des hommes intègres. « A chacun de ses retours, elle découvrait ma culture et moi je m’imprégnais de la sienne, explique Frédéric. Notre amitié s’est nourrie de ces échanges. » L’idée d’inviter le Burkinabè en Suisse est née en 2015. Après un premier échec des démarches en vue d’obtenir le précieux sésame pour la Suisse, le visa arrive ce printemps. « Mon document est arrivé la veille de mon départ », détaille Frédéric.

©Regis Froidevaux 

À 45 ans, c’est le premier voyage hors d’Afrique du Burkinabè. Le vol aller est mouvementé : plusieurs heures de retard au décollage et un contrôle douanier à Bruxelles, qui lui fait manquer son l’avion pour Genève. Frédéric en rigole maintenant : « Le policier qui m’interroge me demande s’il est normal de voyager comme cela, … sans carte Visa ? »

Il s’était préparé mentalement au choc culturel. Mais, alors qu’il pensait que son environnement serait strictement limité à celui de Liliane et de son époux, il avoue avoir été surpris de l’accueil reçu. « Les gens étaient disponibles et ravis de me faire découvrir les lieux. J’ai maintenant la preuve que la Suisse est accueillante », conclut, dans un large sourire, Frédéric.