Editorial : « La formation  : clé du développement »

Pierre Petignat, Président de la Fondation Avenir Madagascar, formateur d’enseignant www.avenir-madagascar.ch

Ce titre est le slogan figurant au fronton de l’ESSVA à Madagascar, université professionnelle soutenue depuis plus de 15 ans par la Fondation Avenir Madagascar. Cette devise est parfaitement adaptée à l’université en question, bien sûr, mais aussi à tous les lieux de formation, et particulièrement de formation professionnelle.

Comme le signale dans ces pages la DDC « Le chômage est l’une des principales causes de la pauvreté et de la violence » et, plus loin, « La formation professionnelle et l’éducation de base sont des conditions essentielles au développement d’un pays. » Mais la formation professionnelle, dans les pays du Sud, est plus encore !

C’est la clé de l’autonomisation des communautés qui peuvent, grâce à des acteurs bien formés, résister aux grands propriétaires, aux collecteurs de cultures vivrières, aux spéculateurs et aux intermédiaires de toutes sortes.

C’est très souvent aussi une affaire de famille : dès lors qu’ils en ont pris conscience, les parents, mais également la famille élargie, se mobilisent pour envoyer les enfants à l’école et, quand c’est possible, leur permettre d’accéder à une formation professionnelle de qualité. Le sacrifice est collectif, mais les espoirs pour un avenir meilleur le sont tout autant et, dès l’engagement du jeune professionnel, c’est toute une famille qui en bénéficie en retour.

Pour illustrer le propos, je relaterai une anecdote vécue au Sud malgache, sur le Plateau de l’Ihorombe. Un père, à qui je demandais pourquoi les parents voulaient une école, alors que le village de quelques cases se trouvait loin de tout, sans eau ni électricité, me répondait que, si les enfants savent lire et écrire, ils pourront inscrire les zébus dans le carnet, obligatoire pour tous les propriétaires. D’importantes économies seront ainsi faites car on n’aura plus besoin de confier la tâche aux secrétaires venus des villes et pratiquant des prix exorbitants. Par ailleurs, les gendarmes ne pourront plus faire des pressions sur les éleveurs en s’appuyant sur des décrets et des règlements impossibles à lire par les parents.

Comment justifier mieux l’importance de la formation ?