Groupe Nicaragua – Jumelage Delémont-La Trinidad – www.groupe-nica.ch
En 1980, le Gouvernement sandiniste lançait une campagne d’alphabétisation historique. Toutefois, lors du retour au pouvoir des anciens révolutionnaires en 2006, le constat fut navrant : l’analphabétisme dépassait à nouveau le seuil de 20%. Mais en 2008, une équipe pédagogique cubaine est arrivée avec, dans ses valises, la fameuse méthode d’alphabétisation «Yo si puedo» (Oui, moi je peux) développée sur l’île des Caraïbes. Le Nicaragua va ainsi pouvoir former à la lecture et à l’écriture les adolescent-e-s et adultes ayant été peu scolarisés pendant les seize années de gouvernement néolibéral durant lesquelles l’éducation a cessé d’être une priorité.
Approche audiovisuelle (les cours sont enregistrés sur cassettes vidéo ou DVD), la méthode se veut peu coûteuse et rapide. Elle utilise la relation entre les chiffres et les lettres comme moyen mnémotechnique pour faciliter l’acquisition de l’alphabet et des principaux sons.

Une page du livre de la méthode ‘Yo si puedo’ ©Jean Parrat
Souvent organisés en soirée pour des raisons pratiques évidentes, les cours sont dispensés via un téléviseur et relayés par une enseignante nicaraguayenne formée par une pédagogue cubaine. Ils se veulent interactifs et progressifs. Les sessions de deux heures sont basées sur des thèmes de la vie courante par lesquels les apprenant-e-s se sentent directement concerné-e-s. Grâce à «Yo si puedo», l’analphabétisme est ainsi passé en deux ans de 20% à 4.73%, ce qui a permis à l’UNESCO de déclarer le pays « libre d’analphabétisme » en juin 2009. Les efforts se poursuivent. Plusieurs membres du Groupe Nicaragua ont ainsi eu l’occasion d’observer une session du cours «Yo si puedo» lors du voyage de 2011 à La Trinidad. Située dans le minuscule salon d’une maison pauvre de la ville, la salle de classe était intensément parfumée des odeurs du souper en préparation.
Sous le regard de plusieurs habitants de cette humble demeure, quelques apprenant-e-s s’appliquaient à suivre les instructions de la présentatrice cubaine et de leur enseignante. Admirables de volonté, ne laissant pas le bruit de la pluie sur le toit de la maison les distraire, ils s’efforçaient d’écrire sur leur cahier les mots appris ce soir-là. Au terme du cours, nous avons vu briller la fierté dans leurs yeux.