Araksya, Armine, Gayane, Sveta, Anahit et les autres…

François Laville, Fondation SEMRAPLUSwww.semraplus.ch

Elles sont une bonne vingtaine, réunies dans une salle de séances de l’Hôpital Arabkir à Erevan, capitale de la République d’Arménie. Elles sont, ou seront bientôt, les infirmières-cheffes de cette institution, au service de laquelle la Fondation SEMRAPLUS s’est engagée depuis bientôt 30 ans, en fait depuis l’épouvantable cataclysme sismique qui a frappé l’Arménie en 1988. Elles suivent le second des quatre modules d’un programme de formation en management hospitalier, co-construit à leur intention par SEMRAPLUS et Arabkir, avec l’appui déterminant de la FICD. Pour cette semaine du 21 au 25 mars 2016, l’accent est mis sur le rôle des cadres en milieu hospitalier. Comment gérer ma fonction ? Comment assumer mon rôle ? Sous la conduite de Marlyse Fleury et de Claude Humair, les participantes s’engagent à fond dans leur propre formation.

C’est un bel exemple de l’évolution qui est intervenue dans l’appui que SEMRAPLUS apporte à Arabkir. Durant les années qui ont suivi le tremblement de terre, l’essentiel de l’effort portait sur la fourniture de médicaments et d’équipements, ainsi que sur la reconstruction de bâtiments obsolètes et/ou endommagés par le séisme. Cette dimension, essentiellement matérielle, n’a pas totalement disparu, mais elle est désormais largement relayée par des actions de formation continue, principalement à l’usage du personnel infirmier, où, grâce à des personnalités telles que Brigitte Bonhôte, Marie-Anne Bonsens, Marie-Paule Brossard, Marlyse Fleury, Marianne Wälti et Claude Humair, SEMRAPLUS peut mettre à disposition une solide expertise.

Formation à l’Hôpital Arabkir à Erevan, capitale de la République d’Arménie ©Fonds SEMRAPLUS

Toute la formation dispensée est orientée en vue d’un transfert effectif des nouveaux acquis dans le vécu des services et de leurs collaborateurs/trices. Les participantes sont constamment incitées à réfléchir sur leurs pratiques, à interagir avec les animateurs, à travailler en groupe. De plus, pour obtenir la validation de chacun des quatre modules, elles doivent mettre en œuvre des innovations concrètes dans l’unité de soins qu’elles dirigent. « Elles veulent apprendre, constate Marlyse Fleury, elles sont « friandes » de nouvelles connaissances ».

Une démarche passionnante qui tend à responsabiliser et autonomiser le domaine des soins. Mais qui, dans un pays tel que l’Arménie, ne va pas nécessairement de soi. Coopération, refondation du système de santé publique, promotion du rôle des femmes, le programme de formation continue de SEMRAPLUS joue sur une foule de registres !