Par Federico Ferrario, Président de Latrine Togo – www.latrinetogo.org
Il y a quelques années déjà, nous informions tous nos membres, ainsi que nos partenaires, que notre projet pour la construction d’un site de traitement des boues de vidange issues des latrines familiales était prêt. Suite au voyage de 2011, le projet, en collaboration avec deux experts suisses, avait été finalisé. Le terrain avait été acheté et des conventions entre notre partenaire local, l’ONG N’Kotchoyem, et la mairie, nouvelle propriétaire de la parcelle, avaient été signées.
Suite à ces différents événements marquants dans le déroulement du projet, nous avions démarré la recherche des fonds nécessaires à la construction. Vu les finances très saines de notre association, nous avions prévu de démarrer la construction en 2013.
Malheureusement, et avec une énorme frustration de notre part, malgré nos efforts et ceux de notre association partenaire, rien ne s’est passé. En effet, entre temps, la commune a réussi à obtenir l’aide de la Banque Africaine de Développement, comme bailleur de fonds principal, ainsi que de Facilité Africaine de l’Eau, en tant que consultant technique. Malgré des débuts intéressants (échange d’expériences, de documents, etc.) et qui semblaient prometteurs, force est de constater que, depuis presque deux ans, plus rien ne s’est passé. Nous avons essayé par tous les moyens d’obtenir des informations, mais le projet semble bloqué quelque part et nous n’avons pas de nouvelles directes ou indirectes, via notre partenaire local, sur l’évolution actuelle et future de celui-ci.
Cela fait donc quelques temps que nous espérons une reprise marquée du projet, avec une avancée dans la construction du site de dépotage. Certes, cette situation n’est pas encourageante, mais nous devons faire avec, et nous avons décidé d’attendre encore quelques mois pour voir si enfin quelque chose bougeait. Si cela ne devait pas être le cas d’ici le milieu de l’année prochaine, nous pourrions envisager d’arrêter définitivement nos activités sur ce site et nous déciderions alors d’une nouvelle orientation pour notre association.
La situation est loin d’être idéale et les espoirs que nous avions placé dans la réalisation du site de dépotage, suite à notre visite de 2011, et aux efforts consentis par la Mairie pour acquérir le terrain proposé, ont laissé place à un certain désespoir. Nous avons toujours dit que nous souhaitions « boucler la boucle » (construction de latrines, puis moyen de vidanger les latrines, puis traitement de boues ainsi récoltées, puis utilisation de l’engrais ainsi produit) avant d’investir dans la construction de nouvelles latrines. Au vu des derniers événements, nous en sommes encore bien loin.
Nous sommes cependant convaincus que notre manière de procéder est la meilleure et qu’elle respecte notre logique qui consiste à dire que tout projet, qu’il soit humanitaire ou d’aide au développement, doit être pensé et construit en tenant compte de tous les paramètres et qu’il convient, au cas où ceux-ci ne sont pas respectés, de se rendre à l’évidence que le projet en question n’est pas une priorité pour les autorités que nous souhaitons accompagner dans leur évolution et qu’il est préférable d’y renoncer
