Effets du changement climatique à la Trinidad

Par Ceferine Fuentes Centeno et Jocsan Moreno Tinoco, Movimiento Comunal Nicaragüense-La Trinidad, partenaire du Groupe Nicaragua – www.groupe-nica.ch.

Au Nicaragua, le changement climatique occasionne de hautes températures, accompagnées de pluies, qui provoquent des maladies et dégâts tels que dengue, chikungunya, malaria, eaux contenant des parasites et dommages aux cultures (riz, haricots, maïs). Ainsi, depuis trois ans, le pays est en lutte contre la dengue. A La Trinidad aussi.

Les températures élevées que nous vivons durant les mois de pluie ont provoqué la réduction des précipitations. Lorsqu’il pleut un jour, les trois jours suivants restent souvent secs et très ensoleillés. Cela provoque une importante et rapide évaporation de l’eau, l’assèchement des rivières, des trous d’eau et des sources aquifères, ainsi que des réserves d’eau artisanales. Nous faisons face chaque jour à la perte d’un liquide vital : l’eau.

Dans notre municipalité qui est nettement agricole, nous avons eu deux années suivies durant lesquelles la production s’est réduite à un unique cycle de production. Habituellement, les paysans sèment deux fois dans l’année (semilla de primera y de postera). Les pluies étant imprévisibles, souvent très courtes et très intenses, le sol s’érode et les cultures souffrent rapidement de la sècheresse consécutive pour rapidement dépérir et finalement sécher complètement. Des pratiques simples sont mises en place comme mesures de lutte contre ces phénomènes. Le Movimiento communal nicaragüense – MCN – de La Trinidad, partenaire du Groupe Nicaragua de Delémont, avec d’autres acteurs ayant une influence dans la municipalité, assume un rôle de conscientisation et formation des producteurs sur le problème du changement climatique, de ses conséquences et des moyens de s’en prémunir. Nous mettons notamment en place des techniques simples et traditionnelles d’agriculture conservatrice : maintien de la couverture végétale sur le sol, augmentation de la capacité d’infiltration de l’eau. Nous travaillons aussi à assurer la canalisation du courant d’eau excédentaire, à éviter et réduire la contamination des eaux de surface, à augmenter et à utiliser la matière organique du sol, à augmenter la productivité dans les fermes, à alimenter les sources d’eau par la reforestation des zones des sources avec des arbres qui absorbent peu d’eau et fixent le sol, ou encore à cultiver des arbres fruitiers dans les patios pour assurer un complément alimentaire. Un travail de longue haleine que nous remettons sur le métier chaque année dans la plupart des 54 zones rurales habitées de la Municipalité de La Trinidad.

Traduction : David Cuenin