Entretenir une dynamique de collaboration sur le terrain

Barthelémy Sam, Coopéracteur national E-changer chez A2N – www.e-changer.ch

Barthelémy Sam, économiste burkinabé bien connu des différentes instances de la FICD pour ses apports professionnels forts utiles lors de son séjour en Suisse, témoigne de l’importance d’instaurer une vraie dynamique de travail sur le terrain. Il revient sur les outils utilisés lors de ses visites de projets.

L’exécution dynamique d’un projet repose sur un certain nombre de démarches, dont le suivi interne du partenaire d’exécution du projet sur le terrain. L’objectif poursuivi par une mission de suivi interne est de chercher à améliorer l’efficience des ressources (réalisation des activités et des produits) en vue de garantir la performance du projet (effets). Ce suivi a donc pour mission d’appuyer la mise en œuvre des différentes actions du projet, de détecter les difficultés, de remonter les problèmes importants au niveau supérieur et stimuler la recherche de solutions.

Région du sahel burkinabé, province de l’Oudalan, village de Konsi. Focus group avec des éleveurs sélectionneurs qui participent à un programme d’amélioration génétique de leurs troupeaux dans le cadre du projet d’appui au développement du zébu peulh au Sahel (ZEPESA phase 2), un des projets mis en œuvre par A2N et Vétérinaire Sans Frontière Belgique.

à A2N, la structure dans laquelle je travaille au Burkina Faso, le suivi interne se fait trimestriellement dans chaque projet exécuté par la structure. Il s’agit de sorties sur le terrain pour visiter les réalisations physiques, échanger avec toutes les parties prenantes du projet (les bénéficiaires, l’équipe projet, les autorités locales, etc.) au travers de questionnaires et de guides d’entretien.

A la suite de ces visites et de ces entretiens, une séance de travail est organisée avec toute l’équipe projet pour la restitution. C’est le moment, de manière participative, d’apprécier l’état d’exécution du projet, c’est-à-dire l’efficience et l’efficacité du projet. Les différents interlocuteurs discutent des difficultés et proposent des recommandations rédigées dans un mémorandum, avec des délais d’exécution qui seront suivis par l’équipe projet et appréciés lors de la prochaine mission de suivi interne.

Il est à noter que cet exercice est dynamique et apprécié, car tous les acteurs du projet sont impliqués. Les résultats des visites de terrain et des entretiens sont discutés lors de la séance de débriefing pour arriver à un consensus de conclusions et de recommandations.


Les conseils de sam

Sam, En quoi le questionnaire et le guide d’entretien te sont-ils indispensables lors de ton travail sur le terrain ?

Une mission de suivi sur le terrain nécessite une bonne préparation. Il faut réunir les informations sur le projet ainsi que tous les acteurs directement et indirectement impliqués. La préparation des guides d’entretien et des questionnaires permet d’anticiper les rencontres et d’apprécier objectivement le niveau d’exécution du projet.

Quels conseils pourrais-tu donner pour rédiger un questionnaire et un guide d’entretien ?

Tout d’abord, il est nécessaire de bien connaître le contexte du projet et d’avoir une idée sur le niveau d’exécution, en se basant sur les derniers rapports produits par le projet. Ensuite, il faut recenser les acquis du projet et les difficultés constatées dans la mise en œuvre du projet, énumérer tous les acteurs du projet (bénéficiaires finaux, bénéficiaires intermédiaires, les autorités locales, les autres organisations intervenant dans la zone d’intervention du projet, etc.). Enfin, il faut élaborer un questionnaire ou un guide d’entretien pour chaque type d’acteur rencontré, en fonction de son niveau d’implication décrit dans le document du projet.