Le partenariat institutionnel, un modèle à suivre

Jeudi 26 mars, au restaurant La Petite Gilberte, à Courgenay, la Fédération interjurassienne de coopération et de développement (FICD) a accueilli Stéphane Berdat, Chef du Service de la coopération de la République et Canton du Jura, pour une conférence intitulée « Jura – Cameroun, un modèle de partenariat institutionnel ?».

Cela ressemble à une marque de fabrique, les Assemblées générales de la FICD accueillent des hôtes prestigieux. Un an après la réception de Konrad Specker, Chef de la Division Partenariats Institutionnels de la Direction du développement et de la coopération (DDC), c’est au tour de Stéphane Berdat de venir s’exprimer devant les membres de la fédération qui rassemble des organisations non gouvernementales (ONG) du Jura, du Jura bernois et du district bilingue de Bienne. M. Berdat a présenté les actions menées par le Canton du Jura au Cameroun. « Des projets qui présentent la particularité d’être développés non par une ONG, mais par un canton », explique en préambule Isabelle Boegli, secrétaire générale de la FICD.

Gabriel Nusbaumer, Président satisfait de la FICD et Stéphane Berdat, Chef du Service de la Coopération de la République et Canton du Jura.

Le Jura a joué un rôle pionnier et reconnu en Suisse dans la définition et la mise en œuvre de projets de développement qui s’inscrivent dans des partenariats institutionnels et impliquent, outre le canton et les partenaires locaux, la Confédération suisse et les autorités gouvernementales des pays bénéficiaires. En 1991, le Canton du Jura a mis en place un projet santé au Cameroun (Province du Centre) orienté vers les soins de santé primaires, dans le but de mettre à disposition de toutes les populations de la zone du projet une médecine de base de qualité, géographiquement accessible et financièrement abordable. En 2002, le canton a étendu la zone de coopération du projet de santé et a lancé un nouveau programme de coopération dans le domaine du développement rural.

L’importance du partenariat

Les débuts du canton dans la coopération se sont faits seuls, sans aucune collaboration. Une position qui a rapidement évolué. Il est apparu indispensable de travailler en collaboration avec des partenaires, notamment pour s’aligner sur les stratégies nationales du pays bénéficiaire, pour partager les difficultés et pour harmoniser les différentes actions sur le terrain. « Le partenariat s’est imposé comme une nécessité absolue, par respect pour l’ensemble de nos interlocuteurs », résume Stéphane Berdat.

Les programmes jurassiens s’appuient donc sur les ressources des acteurs locaux et les structures existantes. Cette approche nécessite un travail commun pour élaborer et réaliser les projets. Elle garantit la viabilité d’un développement qui renforce les structures locales plutôt que de développer des institutions parallèles. Ce modèle est-il transposable aux ONG’s du Jura et du Jura bernois ? Très certainement, à une autre échelle, mais toujours avec la recherche d’une reconnaissance respective entre les différents partenaires, indispensable au succès du projet.

La reconnaissance, un facteur essentiel de réussite

Aujourd’hui, La République et Canton du Jura agit au Cameroun par le Conseil fédéral pour mener à bien ses projets. « Une procédure longue et difficile en 13 étapes, associant cinq départements de la Confédération et comportant une dizaine de conventions. » Pour illustrer son propos, Stéphane Berdat commente une photo qui symbolise la reconnaissance du travail du canton. On y reconnaît, posant devant un projet coréalisé par le Jura, Madame Simonetta Sommaruga, Présidente de la Confédération entourée de personnalités jurassiennes et de Ministres camerounais. « Le Canton souffrait d’un manque de reconnaissance. Si Madame Sommaruga s’est déplacée, c’est bien que nous sommes à présent un acteur reconnu du développement. »

Toutefois, l’investissement des cantons dans la coopération au développement reste timide. Si la Confédération engage 1,8 milliard de francs annuels dans la coopération, les montants engagés par l’ensemble des cantons représentent 23 millions de francs. « Si tous les cantons s’engageaient dans 26 pays différents, c’est l’ensemble de la diplomatie Suisse qui serait gagnante. »