ApériCIP, la «proxi-équité» en questions

Par Bruce Rennes, information et communication FICD – www.ficd.ch

Le 23 mai dernier, Telebielingue, le CIP et la FICD ont co-organisé un débat intitulé « Équité – Proximité : effet de mode ou vague de fond ? »

Sous la houlette de Stéphane Devaux, rédacteur en chef du Journal du Jura, le débat a mobilisé un public important et le nombre de questions a témoigné du grand intérêt pour les thématiques abordées.

La notion « consommer local » est revenue à plusieurs occasions au cours de la discussion. Toutefois, quelques discordances ont émergé en fonction de la sensibilité des orateurs. « Il y a bien quelques produits de la région, mais nos clients recherchent prioritairement les produits les moins chers », a commenté Jean-Jacques Beuchat, détaillant Denner.

Les Magasins du Monde et la fondation Max Havelaar se sont rejoints sur l’aspect essentiel de rétribuer équitablement les producteurs du Sud. Christiane Fischer, porte-parole des Magasins du Monde a insisté « sur l’importance d’un commerce à visage humain encourageant la production, la transformation et l’emballage local. »

Paul Sautebin, paysan, membre d’Uniterre s’est montré le plus tranchant en dénonçant le système capitaliste qui pille les terres du Nord comme du Sud. « Pour répondre à la demande mondiale, les pays du Sud produisent des pommes de terre ou du soja pour l’exportation, plutôt que de nourrir leurs populations », a-t-il dénoncé. Un dernier point partagé par Olivier Girardin, directeur de la Fondation Rurale Interjurassienne et expert de la FICD qui a souligné, en sus, l’importance de la formation des agriculteurs : « Une compétence à partager avec les producteurs du Sud. »

Justement, le débat a pris les teintes du Sud et une orientation particulière grâce au témoignage passionnant de Blandine Sankara, présidente de l’association Prosolidar qui milite pour la souveraineté alimentaire au Burkina Faso : « Face aux nombreux produits importés, la consommation locale est un défi quotidien. Il faut sensibiliser les burkinabés à s’intéresser à une production couvrant d’abord nos propres besoins avant de nous ouvrir au marché mondial. » Le débat est donc universel. Venue « par hasard » à Tramelan, Mme Sankara est repartie sous des applaudissements nourris et mérités.