Par Sarah Tschan, Groupe de Soutien Toézouri – www.toezouri.ch.
Viim Kuilga ou « rivière de vie ». A lui seul, le nom évoque l’espoir de toute une région. La réalisation d’un système d’irrigation en aval de la digue inaugurée en 2011 offrira de nouveaux débouchés.
Si la retenue d’eau facilite aujourd’hui leur quotidien, les habitants de la commune rurale de Toézouri ont rapidement dû surmonter certaines difficultés. D’abondantes précipitations ont en effet inondé les terrains aux abords du plan d’eau et dégradé les berges. D’entente avec les ingénieurs, les versants de la digue ont été consolidés et ensemencés pour contenir l’érosion.

Retardée par des conflits d’intérêts, la mise en place d’un système d’irrigation fut également laborieuse. Les propriétaires terriens sont toutefois parvenus à un accord sur la répartition des parcelles après de nombreuses discussions et la médiation d’une commission de répartition. D’ici deux ans, un périmètre irrigué de dix hectares répartis en 56 parcelles de 2500 m2 en aval de la digue permettra d’accroître le rendement des cultures. Plusieurs variantes sont à l’étude pour concevoir un système de canaux adapté à la topographie. Un programme du Fonds monétaire international (FMI) et du gouvernement burkinabé pourrait contribuer au financement. Mais comme le dit si bien un proverbe local : « les promesses n’ont de valeur que pour ceux qui les entendent ! » Plus de 2000 papayers ont tout de même déjà pu être plantés et le poisson apporte des ressources alimentaires et économiques supplémentaires.
Vingt ans après sa création, le Groupe de soutien s’interroge quant à sa pérennité. Chaque nouveau projet de développement nécessite réflexions et compromis. Mais les retombées des investissements consentis pour l’aide au développement sont tangibles. Les progrès dans les domaines de la scolarisation, de la forestation ou encore l’amélioration des conditions de vie ont conforté les membres fondateurs de l’association à reconduire leurs engagements lors de la dernière assemblée. Avec l’ambition de remplacer peu à peu l’aide directe par une production et une gestion autosuffisante des ressources.