Quand des élèves se muent en journalistes

Valérie Jeannerat - Membre Espoir pour Eux - www.espoirpoureux.ch

Lors de la soirée de présentation des projets, très vite, deux enseignantes se sont approchées de notre banc et le courant a tout de suite bien passé. notre offre était la réalisation d’un journal composé d’articles et de photos qui abordent les conditions de vie des enfants ici, chez nous, et des enfants que nous soutenons dans un orphelinat en Haïti, ainsi que des enfants talibés au Sénégal.

La première étape fut de présenter en classe notre association baptisée Espoir pour Eux, les deux pays d’intevention, nos activités sur place, mais également les enfants auxquels nous venons en aide. Durant deux leçons de français, deux membres de l’association sont allées dans chaque classe. Nous avons trouvé des élèves intéressés par nos explications et avides d’informations, notamment sur les raisons de notre engagement bénévole, les débuts et le fonctionnement de l’association, son financement, la manière de devenir membre, la possibilité de combiner bénévolat et vie professionnelle, etc.

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Les élèves d’Haïti, de Suisse et du Sénégal découvrent les lettres reçues. ©Meana Jean (Haïti), Miriam Joly et Aurélie Monnerat (Suisse) et Charline Saudemon (Sénégal)

Suite à cette présentation, les enseignantes ont élaboré le canevas du futur journal. Elles ont proposé d’instaurer un échange de courrier avec les enfants d’Haïti. Les élèves du Collège ont tout de suite été séduits par cette idée. De son côté, l’orphelinat Joie de Vivre, en Haïti, a immédiatement répondu positivement. Puis, cette idée a été également proposée au centre Pour une Enfance au Sénégal. Là aussi, une douzaine d’élèves se sont joints à ce projet.

Notre principal souci était le temps que mettrait le courrier à transiter d’un continent à un autre. Car le courriel ne séduisait pas vraiment les enseignantes. Mais nous avons eu de la chance, une personne rentrait d’Haïti en France quelques semaines plus tard. Les enfants de l’orphelinat ont donc pu lui confier leurs lettres qui sont arrivées dans nos mains quelques jours plus tard. Le courrier parti de Delémont est également arrivé à bon port en Haïti.

Au Sénégal, les lettres ont été envoyées par la Poste et tout s’est bien passé, dans un sens comme dans l’autre. Il a fallu environ trois semaines pour acheminer le courrier.

C’est là que nous avons pu nous rendre compte que des courriels n’auraient pas eu le même effet. Il était enthousiasmant de constater comme chaque enfant de l’orphelinat et du centre était heureux de recevoir du courrier rien que pour lui, à son nom, de se faire un ami à distance et de savoir que quelqu’un, bien loin, s’intéresse à lui. Que de sourires et de concentration à la lecture de ces lettres. En Suisse aussi, les élèves étaient vraiment très intéressés à faire connaissance avec ces enfants de l’autre côté de l’océan et à comprendre de quoi est faite une journée là-bas, que ce soit le quotidien ou la manière dont fonctionne l’école. Des photos ont été prises en classe afin d’illustrer ces moments particuliers.

Mais voilà, restait à savoir comment concevoir un journal, comment élaborer des articles. Pour cela l’association a envoyé une journaliste, Claire Jeannerat Wade, qui a consacré une matinée de son temps afin d’expliquer aux collégiens les étapes de la fabrication d’un journal, de l’idée de l’article jusqu’à son impression. Elle répondit à de nombreuses interrogations sur ce sujet mais aussi sur la complexité du métier de journaliste, le temps de rédaction d’un article, les horaires, les pays dans lesquels elle a voyagé, etc.

Ce projet ne se réaliserait pas dans d’aussi bonnes conditions si les deux enseignantes de français de 9e et 10e HarmoS, responsables du projet, n’investissaient pas autant de temps et d’énergie à sa réussite.

Les travaux vont bon train mais nous n’en dirons pas plus pour l’instant. Nous nous réjouissons de voir le travail accompli lors de la vente du journal le 27 juin à la Fête de la Solidarité, vente dont les bénéfices iront, tout naturellement, aux enfants de l’orphelinat Joie de Vivre et au centre Pour une Enfance.


MEMBRE FICD. espoir pour eux. Association suisse basée à Bure. Elle est active dans trois pays : Haïti, le Sénégal et le Rwanda. Espoir pour Eux soutient de petites structures créées par des personnes vivant sur place avec lesquelles elle travaille en étroit partenariat.

 

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