« S’entraider, ce n’est pas raisonner pour un seul individu, mais pour le bien d’un groupe. »

Bruce Rennes - Chargé de projets FICD - www.ficd.ch

Dans le cadre de la préparation de la Fête de la Solidarité, les élèves du Collège de Delémont ont reçu la visite d’organisations membres de la Fédération interjurassienne de coopération et de développement (FICD). Quatre jeunes, Noé et Colin (14 ans, en 10e année HarmoS), accompagnés d’Elias et Guillaume, 15 et 16 ans (11e H), reviennent sur une réalité parfois méconnue de notre monde.

La discussion s’amorce autour de la signification du mot solidarité, un terme récurrent qui jalonne les différentes animations menées en classe durant cette année scolaire un peu particulière. Pour Noé et Guillaume, la solidarité exprime l’entraide, l’apport d’une aide concrète aux personnes qui sont dans le besoin. Noé précise sa pensée : « Il faut montrer ces problématiques aux gens qui n’ont pas conscience de notre chance, ici, en Suisse. » Colin approuve et complète : selon lui, cette notion incite à réfléchir à ce qui se passe ailleurs. À ce titre, sa visite des Magasins du Monde fut très instructive. Elias parachève cette explication en s’intéressant davantage à l’entraide locale, ici en Suisse, et plus particulièrement à l’action des samaritains qui interviennent comme bénévoles. Et Guillaume de conclure : « S’entraider, ce n’est pas raisonner pour un seul individu, mais pour le bien d’un groupe. »

Trois personnes sont restées sur le bateau

Avant cette année, bien que Noé fût plus sensibilisé que les autres - « un membre de ma famille est bénévole chez Espoir pour Eux », explique-t-il - les quatre adolescents n’avaient qu’une vision limitée des actions menées par les ONG régionales. Colin explique que la télévision, Canal Alpha ou la RTS, permet d’obtenir des informations sur les associations.

affiche

Quelques-uns des nombreux portraits réalisés par les élèves de 9e, 10e et 11e HarmoS du Collège de Delémont qui composent l’affiche de la Fête de la Solidarité 2017.

Avec Amnesty International, Guillaume a expérimenté le jeu du bateau : « Tout d’abord, l’ensemble des élèves sont sur un bateau. Au fur et à mesure que l’on remonte dans la généalogie, dès que nous avons un ancêtre étranger, on devait en descendre. Au bout du compte, il ne restait plus que trois élèves. Personne n’est 100% suisse ! ». Par la suite, il testera le jeu des migrations. Les élèves doivent parvenir au bout d’un chemin semé d’embûches. « J’ai échoué à chacune de mes trois tentatives… », conclut-il.

Grâce aux activités proposées en classe, Elias se sent davantage concerné par le travail des ONG. Sa rencontre avec la Mission Evangélique au Tchad lui a permis de mieux comprendre la problématique et les raisons pour lesquelles la construction de fours solaires est essentielle dans ce pays. Lui qui avoue « ne pas être très bricoleur » a apprécié les nombreuses recherches sur Internet qui lui ont permis d’appréhender les mécanismes de la construction d’un four solaire. Dans la discussion, on ressent l’efficacité de cet apprentissage personnel. Il aborde successivement : la dimension écologique avec la problématique de la coupe du bois vert, puis économique - « Un four solaire c’est l’équivalent d’un salaire entier, mais c’est une économie d’un an de charbon » - et enfin la difficulté à changer les mentalités dans la manière de cuisiner les plats traditionnels. Le jeune homme se réjouit d’être dans le vif du sujet avec la construction du four.

Un léger bémol

En se penchant sur l’intérêt des activités proposées, Guillaume se montre le plus critique : « Les jeux étaient ludiques, mais pas assez pertinents ». En poussant davantage la conversation, on comprend qu’il aurait aimé davantage d’images marquantes via des documentaires afin que cela « reste dans les esprits ». Il a en revanche beaucoup apprécié les interventions de deux migrants venus raconter leur parcours de vie, une activité bien ancrée dans le réel.

S’investir plus tard

L’un des objectifs du processus de la Fête de la Solidarité est de permettre aux élèves d’être des citoyens du monde conscients des enjeux, des inégalités et du rôle qu’ils peuvent jouer dans la société. À la question de savoir s’ils pourraient s’investir plus tard dans une organisation, les quatre adolescents acquiescent timidement. Elias conclut la discussion : « Oui, cela donne envie d’être plus présent, de se renseigner, pas de devenir un professionnel, mais plutôt de s’intéresser au bénévolat». Le temps manquant, la dernière question du jeune homme restera en suspens : « Mais qu’est-ce qu’un professionnel dans une association ? » Une interrogation qui pourrait faire l’objet d’une réponse dans un prochain numéro du bulletin d’information.

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